Présidentielle 2012: Les hommes et les femmes du président Sarkozy

POLITIQUE Dans les ministères, à l'UMP ou dans l'ombre, ils assurent la défense et la communication du président de la République...

Anne-Laëtitia Béraud

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François Fillon et Jean-François Copé saluent les militants UMP lors du Campus de Marseille le 4 août 2011
François Fillon et Jean-François Copé saluent les militants UMP lors du Campus de Marseille le 4 août 2011 — AFP PHOTO/GERARD JULIEN

Entourant le président de la République, ils agissent plus ou moins visiblement à sa défense et à sa très probable candidature pour 2012. Formant un groupe disparate, tiraillé entre des égos et des ambitions divers, ces hommes et femmes forment la garde rapprochée du Président. 20 Minutes vous en donne un (petit) panorama, non exhaustif…

Les «cautions»

L’ancien Premier ministre Alain Juppé, qui fête la première bougie de son retour dans les ministères, apparaît comme l’un des ministres les plus écoutés du chef de l’Etat. Si l’ancien président-fondateur de l’UMP préfère les thèmes de l’éducation ou de l’Europe à la sécurité ou l’immigration, le patron du Quai d’Orsay apporte une expérience, une sobriété et un gage de sérieux à l’équipe de Nicolas Sarkozy. N’étant pas dans les organigrammes de l’équipe de campagne, Alain Juppé devrait néanmoins être rapidement mis à contribution dans les mois qui viennent, afin de défendre le candidat de l’UMP pour la présidentielle.

Autre ex-Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin assure lui aussi la promotion du chef de l’Etat. Le sénateur de la Vienne, garant du pôle «humaniste et libéral» de l’UMP, fait entendre la petite musique de la diversité, et veut se placer au-dessus de la mêlée.

Les travailleurs de l’ombre

Désormais dans l’ombre, l’ancien ministre et fidèle ami du Président, Brice Hortefeux a été effleuré par l’affaire Karachi. Il conserve néanmoins toute sa place auprès de Nicolas Sarkozy. Brice Hortefeux sort de temps en temps de sa diète médiatique. Le 6 novembre dernier, il distribue les bons et les mauvais points: au candidat à l'Elysée Jean-Pierre Chevènement (MRC), il lance que c’est «un homme de gauche sincère et expérimenté», alors que son rival PS François Hollande n’est «pas totalement expérimenté, en tout cas sur le plan international». L'ancien ministre Alain Carignon, passé par la case prison, est lui aussi un travailleur de l'ombre, mais aujourd'hui incontournable.

Dans la pénombre se trouve le ministre de l’Intérieur Claude Guéant. Le préfet hors classe, ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 puis secrétaire général de l’Elysée, n’est pas un grand orateur politique. Il est meilleur dans l’élaboration stratégique que dans le rôle de porte-flingue du Président. Encore moins connu, le successeur de Claude Guéant au poste de secrétaire général de l’Elysée: Xavier Musca. Ce haut fonctionnaire, ancien directeur du Trésor, se situe pourtant dans les tous premiers cercles du président de la République. Très proche, toujours, se situe le conseiller spécial du président, Henri Guaino, qui aime, lui, la lumière des médias, et n'exclut pas un avenir encore plus exposé.

Toujours dans ce club des travailleurs de l'ombre, l'équipe de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Dans cette garde rapprochée se trouve toujours – et comme en 2007- Franck Louvrier, le très fidèle conseiller en communication de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. La charge revient à cet expert de valoriser la parole présidentielle… ou de rectifier les boulettes. Alors que la rumeur enfle sur le coût de la suite qu’occupait Nicolas Sarkozy dans l’hôtel Majestic à Cannes pendant le récent sommet du G20 -évalué à 35.000 euros la nuit- ce dernier assure au Monde: «Faux, c'est dix fois moins, mais des suites existent à ce prix-là.» Toujours dans la communication, Camille Pascal, le conseiller audiovisuel du Président, est l'ancien secrétaire général de France Télévisions.

L'équipe est nombreuse. S'y trouvent également le préfet Olivier Biancarelli, conseiller politique et dans les faits, chef de tout le pôle politique de l'Elysée, mais aussi Jean-David Levitte, le puissant conseiller diplomatique, ou le jeune Thomas Fatome, conseiller social qui a succédé à Jean Castex...

En dehors de l'Elysée, Patrick Buisson, ancien journaliste d'extrême droite et aujourd'hui patron de la chaîne Histoire, glisse ses (bons) conseils au Président sur les classes populaires, tout comme l'incontournable Pierre Giacometti, auquel l'Elysée passe d'importants contrats, un ancien d'Ipsos qui a fondé son entreprise, et le publicitaire Jean-Michel Goudard, spécialiste de la communication politique.

La liste, bien qu'incomplète, ne peut faire l'impasse sur l'ancien ministre Eric Raoult, député-maire du Raincy, très à cheval sur les questions d'immigration et de laïcité, et Eric Woerth, qui, débarqué du gouvernement à la suite de l'affaire Bettencourt et de la vente de l'hippodrome de Compiègne, garde néanmoins toute sa place au sein du club des hommes du Président.

La bande des «dézingueurs»

Par son statut de secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé apparaît comme le premier des «dézingeurs». Féroce orateur, il fait quotidiennement feu sur les opposants de tous bords. Dernier exemple avec l’accord sur le nucléaire entre le PS et EELV, noué mardi: Jean-François a déclaré, ce mercredi lors du point presse hebdomadaire de l'UMP: «Je suis très très inquiet (...). C'est une folie, il n'y a pas d'autre mot», rapporte l’AFP.

«Où est l'exploit de la part de François Hollande, qui se prétend présidentiable? Il va garder l'EPR. Formidable!» a-t-il précisé. «Pour le reste, quel plat de lentilles, leur accord électoral... Quelques circonscriptions pour 24 réacteurs fermés. Une folie, une folie... Sans aucune garantie que l'éolien et le photovoltaïque vont pouvoir compenser (...). Ah, il va continuer d'en entendre parler du nucléaire, Hollande, croyez-moi!», a prévenu le patron de l’UMP.

Auprès de Jean-François Copé, se placent le sénateur des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi, chargé de l'animation et de la formation et des fédérations, animateur fiévreux des meetings de l’UMP, ou encore la jeune députée de Meurthe-et-Moselle Valérie Rosso-Debord, jamais en reste pour lancer le bon mot. Cette dernière fait partie de la «cellule riposte» organisée par Brice Hortefeux. S'y trouvent également les jeunes secrétaires nationaux de l'UMP Franck Riester (communication) et Sébastien Huyghe, député du Nord, qui s'est notamment illustré dans le débat sur la garde à vue, et le jeune Guillaume Peltier, doué pour les formules et les slogans.

Parmi les «jeunes» élus, qui forment des têtes fraîches à envoyer au charbon, figurent la figure montante Christophe Béchu, président du conseil général et sénateur du Maine-et-Loire, Eric Ciotti, député et président du conseil général des Alpes Maritimes, ou encore le député européen Arnaud Danjean.

...chez les ministres

Contre vents et marée, invariablement, Nadine Morano, la ministre de l'Apprentissage et responsable UMP chargée des élections, tempête pour défendre son Président. Que les attaques viennent des adversaires politiques ou de son propre camp, on peut compter sur la ministre pour plomber l’adversaire. Dernier coup en date, fin octobre, alors que Rachida Dati (UMP) se lance dans une violente diatribe contre François Fillon, les deux briguant la même circonscription à Paris lors des législatives de 2012.

La ministre de l’Apprentissage déclare alors à l’AFP: «Je trouve totalement indécent qu'on puisse se comporter de cette manière, surtout quand on sait que Rachida Dati a été servie sur un plateau en or massif, ça suffit», ajoutant que cette dernière est quelqu'un «à qui on a offert le 7e arrondissement de Paris, sociologiquement facile à conquérir, et un mandat de député européen».

Dans les attaques au lance-flammes, le ministre du Travail Xavier Bertrand n’est souvent pas en reste. Dernière pique, le 14 novembre sur Canal+, en lançant qu’il n'aimait «pas l'attitude du Sénat aujourd'hui», ajoutant que la Chambre haute représente «la vitrine de ce que ferait la gauche» si elle était au pouvoir.

Dans cette catégorie, notons la perte de vitesse considérable de Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, véritable marteau-piqueur de 2007, le ministre chargé de l'Industrie Eric Besson, encore la députée européenne Rachida Dati.

Les «quadras» ministres

Parmi les hommes et femmes du Président les plus visibles, se trouvent les ministres François Baroin (Economie), Valérie Pécresse (Budget), Laurent Wauquiez (Enseignement supérieur et Recherche) et Luc Chatel (Education nationale) et Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie).

Au bonus offensif, mardi 8 novembre, c’est François Baroin qui décroche la palme. Lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le ministre a lancé à la gauche: «Est-ce du courage que de mentir, de basculer dans la démagogie, de taire la vérité, de vous accrocher  à de vieilles lunes socialistes qui vous ont, certes, conduit par effraction au pouvoir en 1997... Oui, je le répète, c'est par effraction.»

Moins frontal, se lançant dans le registre imagé, c’est Luc Chatel qui, dimanche soir, compare François Hollande à «Babar, le roi des éléphants» dont les histoires «endorment les enfants», puis Nicolas Sarkozy à Astérix, car «il gagne toujours à la fin». Toujours dans la métaphore, le ministre Laurent Wauquiez a quant à lui estimé le 30 octobre dernier François Hollande était «comme une poule avec un couteau face au programme socialiste», lors du «Grand entretien» RCJ. Tout un programme.

Le discret Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et chargé du programme de l'UMP pour 2012, n’est pourtant pas loin d’écharper François Hollande pour ses déclarations sur la grave crise financière. Le crime de haute trahison pointe. Lors du débat Europe 1-i-Télé- Le Parisien du dimanche 13 novembre, le ministre lance: «Nous sommes en guerre contre les marchés. Il faut choisir son camp. Soit on est du côté de ceux qui se battent pour faire en sorte que la France conserve son triple A, soit on fait le jeu de la spéculation, on est défaitiste, on fait comme François Hollande».