«Les critiques de Sarkozy contre les 35 heures me font sourire», dit Aubry

PRESIDENTIELLE La Première secrétaire du PS est revenue sur l'intervention télévisée du chef de l'Etat qui lui a lancé plusieurs piques. Elle fustige également l'accord de Bruxelles et la possibilité de voir les Chinois participer au FESF...

N. Bu. avec agences

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Martine Aubry, première secrétaire du PS, déclare "sourire" aux critiques du président Nicolas Sarkozy contre les 35 heures "tant elles disputent l'insincérité à l'irresponsabilité", dans un entretien à paraître dans le Journal du Dimanche
Martine Aubry, première secrétaire du PS, déclare "sourire" aux critiques du président Nicolas Sarkozy contre les 35 heures "tant elles disputent l'insincérité à l'irresponsabilité", dans un entretien à paraître dans le Journal du Dimanche — Joel Saget afp.com

Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, déclare «sourire» aux critiques du président Nicolas Sarkozy contre les 35 heures, dans un entretien à paraître dans le Journal du Dimanche (JDD). «Ses critiques contre les 35 heures me font sourire, tant elles disputent l'insincérité à l'irresponsabilité», déclare celle qui a mis en place, en 2000, cette mesure sous le gouvernement de Lionel Jospin. Lors de son interview télévisée, jeudi, Nicolas Sarkozy a déclaré que les 35 heures avaient «été une folie payée par les ouvriers et les employés».

«Si c'était une telle catastrophe, pourquoi ne pas les avoir supprimées depuis dix ans?» interroge l'ancienne ministre du Travail. «Pourquoi l'Allemagne, le nouveau modèle de M. Sarkozy, réussit-elle alors que la durée du travail est inférieure et qu'elle a encore été réduite pendant la crise?» insiste-t-elle. Pour la Première secrétaire du PS, «un homme politique qui n'assume pas ses responsabilités est peu crédible pour tracer l'avenir».

Martine Aubry fustige également l'annonce d'une nouvelle cure d'austérité estimant qu'«elle va ajouter de la crise à la crise et de l'injustice aux injustices, avec une augmentation probable de la TVA». Elle a déploré qu'il n'y ait «rien pour la croissance et l'emploi, alors que l'économie est en panne». «Les résultats sont mauvais parce que la politique menée est mauvaise» assène-t-elle.

«L'accord de Bruxelles ne règle rien durablement»

Martine Aubry a par ailleurs critiqué, comme François Hollande, l'accord trouvé cette semaine à Bruxelles pour sauver la zone euro. Un accord qui «arrive trop tard et ne règle rien durablement», estime-t-elle. L'ancienne candidate à la primaire PS juge en outre «choquant» de faire appel à la Chine pour sauver la monnaie unique européenne.

«Cet accord était nécessaire parce que l'Europe était au bord du gouffre, mais il arrive trop tard et ne règle rien durablement. Les réformes structurelles se font dangereusement attendre», déclare la maire de Lille, selon un extrait de l'entretien publié sur le site Internet du JDD. Pour la Première secrétaire, «l'austérité généralisée est en train de fabriquer la prochaine récession».

Elle regrette notamment que l'UE n'ait rien décidé en matière de taxe sur les transactions financières ni sur la séparation entre les banques de dépôt et les banques d'investissement. «Nicolas Sarkozy prétend avoir réglé les problèmes en Europe, ce qui n'est pas vrai. On le verra, je le crains, dans les prochaines semaines», dit-elle, deux jours après l'intervention télévisée du président de la République sur TF1 et France 2.

La participation de la Chine? «Oui, c'est choquant»

Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro se sont entendus avec les banques pour réduire de 100 milliards d'euros la dette publique grecque et ont endossé un mécanisme permettant de porter la puissance de tir du Fonds européen de stabilité financière (FESF) à 1.000 milliards d'euros.

Martine Aubry déplore la possibilité offerte à Pékin de participer à ce fonds. «Oui, c'est choquant», dit-elle. «Les Européens, en se tournant vers les Chinois, montrent leur faiblesse. La réponse aurait dû être européenne».