La course 2012: Hollande prend de l'avance sur Sarkozy

EXCLUSIF Le second tour de la présidentielle tournerait nettement à l'avantage du candidat du PS, selon les résultats du dernier sondage CSA pour «20 Minutes», BFMTV et RMC...

Matthieu Goar
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François Hollande et Nicolas Sarkozy dans la Course 2012 (montage)
François Hollande et Nicolas Sarkozy dans la Course 2012 (montage) — 20minutes.fr

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Boosté par la vague des primaires, François Hollande surfe sur les sondages. A six mois de la présidentielle, le candidat du PS capitalise 10 points d'avance sur Nicolas Sarkozy au premier tour, selon le sondage CSA pour 20 Minutes, BFMTV et RMC. « Depuis le début de cette série d'études [janvier 2011], jamais un candidat socialiste n'a été aussi haut, même DSK », explique Jérôme Sainte-Marie, de l'institut CSA. Avec 19 points d'avance sur Marine Le Pen, le candidat socialiste fait disparaître, pour le moment, l'hypothèse d'un 21 avril bis et peut inquiéter l'UMP. Au second tour, Hollande écraserait Sarkozy, président sortant. Tous ces chiffres traduisent l'effet positif des primaires qui légitime la candidature du leader de la gauche dans l'opinion (+ 7 points en un mois).

Une légitimité qui impose la candidature dans toutes les catégories de l'opinion. Même sur des tranches peu ou plus acquises au PS. Ainsi Hollande recueille 35 % des intentions de vote au premier tour chez les plus de 50 ans et devance Marine Le Pen chez les ouvriers (28 % contre 26 %).

Objectif : durer et incarner

« Ces primaires ont encore renforcé le lien que construit François avec les Français depuis le début de sa carrière et particulièrement depuis deux ans, analyse Bruno Le Roux, député proche du candidat socialiste. Il leur apparaît cohérent, constant sans avoir bougé de ligne politique au gré des circonstances, par exemple lors de l'entre-deux-tours des primaires. »

« Personnellement, j'aurais préféré Martine Aubry, elle est plus méchante, plus clivante », soupire un député UMP. Les chiffres de l'étude traduisent en effet le côté rassembleur de Hollande qui rafle les voix du centre-gauche et prend des voix au centre-droit, notamment depuis la disparition de la candidature de Jean-Louis Borloo. « En 2012, les choses seront différentes.Il ne s'agira plus d'élire le premier des socialistes, mais le premier des Français. Et là, Nicolas Sarkozy pourra mettre en avant son expérience », relativise Eric Raoult, député-maire (UMP) du Raincy.

L'objectif pour le candidat du PS est maintenant de durer. « Il est sans doute sur la crête, il y a une sorte d'état de grâce post-primaires. Il va lui falloir gérer le fait d'être le grand favori », analyse Jérôme Sainte-Marie. Et pour cela, Hollande cherchera maintenant à incarner la fonction qu'il brigue. Par exemple en rencontrant les grands de ce monde, comme à Madrid (Espagne) ce matin, où il doit s'entretenir avec Lula, l'ancien président brésilien.