Primaires PS: François Hollande fait son marché

POLITIQUE Le candidat aux primaires a attiré des dizaines de journalistes et provoqué la cohue...

Matthieu Goar

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François Hollande, sur un marché dans le XVIIIe arrondissement, le 11 octobre 2011
François Hollande, sur un marché dans le XVIIIe arrondissement, le 11 octobre 2011 — FRED DUFOUR / AFP

Rendez-vous avait été pris en début de soirée lundi. «François Hollande se rendra mardi 11 octobre à 10h sur le marché Ornano dans le 18e arrondissement pour un déplacement.»  «François m’a demandé de venir et mon agenda me permettait de l’accueillir, c’est un plaisir», glisse Daniel Vaillant, le maire  du XVIIIe alors que des dizaines de caméras s’agglutinent sur la petite place, bloquant la circulation. Le déplacement a été calibré pour la presse, toutes les rédactions sont à deux pas. «Il devrait être plus grand, on ne le voit même pas», rigole une passante.

«Je ne veux plus d’attaques insidieuses»

Lui arrive en moto-taxi, comme d’habitude. Le sourire figé aux lèvres, comme d’habitude. Et il donne de sa personne pour répondre à la cohue des journalistes, comme d’habitude… «Arnaud Montebourg premier ministre? Je ne suis pas là pour distribuer des mandats. Lui-même ne l’a pas demandé, respectez ce qu’il a dit», explique celui qui est arrivé en tête dimanche soir et qui se projette déjà sur 2012, tout en pensant au second tour des primaires. «Je m’adresse à tous les électeurs, ceux qui veulent gagner l’élection présidentielle mais j’intègre le choix des électeurs du premier tour.» Hollande, qui est passé dans la matinée rendre visite à Jean-Michel Baylet, au siège du PRG, revient sur le protectionnisme aux frontières européennes, expliquant une énième fois que la Chine ne peut pas faire n’importe quoi mais précise: «Je ne suis pas Arnaud Montebourg, je suis François Hollande. Ça ne vous a pas échappé?...» «Il est le mieux à même de gagner l’année prochaine. Croyez-moi, je connais bien la carte électorale française», glisse Daniel Vaillant.

«Dimanche prochain, je veux un choix clair»

Un mot aux clients du café, une poignée de main à tous, une réprimande à un photographe qui s’appuie sur une vitrine, Hollande poursuit son petit bonhomme de chemin au milieu de la meute. «Bonjour, bonjour…» «Bientôt, il va se tromper et nous sortir ‘Mangez des pommes!’», sourit un journaliste. Au contact des gens tout en donnant ce que les  caméras attendent, il y a du Chirac chez ce Hollande. «Je ne veux plus d’attaques insidieuses. J’ai toujours été au cœur de la gauche. J’ai dirigé le PS pendant 11 ans», adresse-t-il à Martine Aubry à qui il a répondu, mardi matin sur France info, en affirmant que, lui, n’avait jamais fait alliance avec le centre. Dans ce XVIIIe populaire où il a été devancé de près de 10 points par Aubry (et de 5 points sur Paris, Hollande arrivant en tête dans l’ouest parisien), le président du Conseil général de Corrèze est à la conquête d’électeurs. Aubry, en retard dans les départements ruraux, est justement dans la Creuse. La chasse est ouverte. «Dimanche prochain, je veux un choix clair.»