Primaires socialistes: L'état des troupes avant la lutte finale

POLITIQUE «20Minutes» fait le point sur les six candidat socialistes...

Matthieu Goar avec Maud Pierron

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Montage des six candidats aux primaires socialistes.
Montage des six candidats aux primaires socialistes. — 20 MINUTES

Martine Aubry: La patronne du PS face au peuple de gauche
Les thèmes. La justice sociale, le logement, les niches fiscales…
La phrase. «Si on veut avoir une véritable politique d’Etat, il faut une augmentation de 30 à 50 % du budget de la culture», détaille la candidate à la mi-juillet, en pleine crise de la dette. Passionnée d’art, elle se fait critiquer par Hollande, qui agite le chiffon de l’Etat dépensier. Aubry rétorquera en critiquant ses promesses d’embauche dans l’éducation.
Le moment clé. Son entrée en campagne lors d’un discours à Roubaix. Attachée à l’unité du parti et liée par un pacte avec DSK, Aubry a semblé hésiter à se présenter. Elle rassure ses troupes et lance la campagne des primaires.
Forces. La maîtrise du parti, l’expérience gouvernementale…
Faiblesses. DSK, qui a révélé l’existence du pacte, a ravivé l’éternelle question au sujet d’Aubry : en a-t-elle vraiment envie?

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Jean-Michel Baylet (PRG): Un candidat radicalement ravi
Les thèmes. L’Europe, les libertés individuelles, la laïcité...
La phrase. « Dans mon programme, je dis que je suis pour la légalisation du cannabis. Je vais plus loin que la dépénalisation. » Une phrase prononcée lors du premier débat et qui a sidéré les nombreuses personnes qui ne connaissent pas la philosophie radicale, attachée aux libertés.
Le moment clé. Il s’est joué en coulisses. Longtemps, Jean-Michel Baylet a hésité à se lancer dans les primaires ouvertes auxquelles les écologistes et le Front de gauche ont refusé de participer. Finalement, un accord électoral entre le PS et le PRG pour les sénatoriales et les législatives pousse le patron de presse à se lancer dans la bataille.
Forces. Il a déjà gagné en faisant la publicité de son petit parti.
Faiblesses. Seul non-socialiste, il apparaît parfois comme un intrus.

François Hollande: Un prétendant normal en quête du Graal
Les thèmes. La jeunesse, le contrat de génération, la fiscalité…
La phrase. «Je n’entends rien. Je ne me laisse détourner par aucune phrase, par aucun événement», déclare François Hollande interrogé sur les critiques à son encontre. Favori des sondages, le candidat a le souci de s’installer au-dessus de la mêlée, jusqu’à s’effacer pendant les débats. Une tactique de sportif qui mènerait au score.
Le moment clé. L’arrestation de DSK a changé la campagne de Hollande. Sur le terrain, il se préparait pour affronter le directeur du FMI. Dès le lendemain des événements du Sofitel, Hollande endosse les habits du favori. «Je l’aurais battu», affirme-t-il maintenant.
Forces. Il sillonne la France depuis l’automne 2010, sa cote d’amour auprès des militants…
Faiblesses. De l’attentisme qui a pu passer pour de la suffisance en fin de campagne…

Arnaud Montebourg: Le démondialisateur à la conquête de la France
Les thèmes. La démondialisation, la mise sous tutelle des banques, le capitalisme coopératif…
La phrase. «On ne peut pas faire une primaire de gauche avec des idées de droite», lance Montebourg à Valls lors du deuxième débat. Une phrase qui résume le positionnement du député de Saône-et-Loire.
Le moment clé. Les trois débats télévisés. Alors qu’il fait campagne sur le terrain depuis des mois, Arnaud Montebourg a été, avec Manuel Valls, le grand gagnant de ces émissions. Il a pu y exposer au grand public ses idées et son talent d’orateur. Les débats ont profité à sa campagne et les sondages sont partis à la hausse.
Forces. Une campagne originale, de terrain, son positionnement clair…
Faiblesses. Une ligne radicale qui ne lui permet pas d’être un point d’équilibre du parti…

Séhgolène Royal: A la recherche d’une deuxième chance
Les thèmes. La réforme bancaire, l’écologie, son expérience…
La phrase. «Le point faible de François Hollande, c’est l’inaction. Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisée en trente ans de vie politique? Une seule?», lance la candidate au Figaro avant de pointer la «législative perdue » d’Aubry en 2002.
Le moment clé. Déjà offensive, Royal part en guerre contre les sondages (qu’elle n’avait pourtant jamais critiqués lors des primaires 2006). La députée Delphine Batho, proche de la candidate, saisit au début septembre la haute autorité des primaires et toute son équipe martèle cet argumentaire jusqu’à la fin de la campagne.
Forces. Son expérience de la « lessiveuse élyséenne », son volontarisme…
Faiblesses. Elle a déjà tenté sa chance, elle compte peu de soutiens chez les dirigeants socialistes…

Manuel Valls: L’outsider qui veut faire valser les lignes
Les thèmes. La sécurité, l’égalité des chances, la dette…
La phrase. « Personne ici n’a le monopole de la gauche », répond Valls à Montebourg lors du premier débat.
Le moment clé. En plein cœur de l’été, la crise de la dette affole les marchés et replace le thème des déficits au centre de la campagne des primaires. Attaché depuis le début de sa carrière politique à la rigueur budgétaire, Valls se place comme celui qui dit la vérité aux Français, et il se lance dans une critique acerbe des « promesses » ou de la «démagogie» d’autres candidats. Selon lui, 100 % des nouvelles marges de manœuvre doivent servir à réduire les déficits. « Ma candidature, c’est le chemin de la vérité », martèle le candidat.
Forces. Un talent d’orateur, des idées claires, une image de réaliste…
Faiblesses. Aucun soutien dans le parti…