Primaires PS: Les esprits s'échauffent à deux jours du premier tour

POLITIQUE Premier rappel à l'ordre officiel après un accroc à l'unité...

Maud Pierron

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Les six candidats aux primaires socialistes, sur le plateau de BFMTV, le 5 octobre 2011.
Les six candidats aux primaires socialistes, sur le plateau de BFMTV, le 5 octobre 2011. — Steph/Visual/BFMTV

A trois jours du premier tour, l’ambiance se tend légèrement au sein du Parti socialiste. A tel point que le premier secrétaire par intérim est obligé d’intervenir.

En effet, dans un communiqué publié jeudi soir, Harlem Désir recadre son porte-parole, soutien affiché de Martine Aubry. «Des propos tenus par le porte-parole du Parti socialiste à l’encontre d’un candidat à la primaire citoyenne font polémique. Je tiens à rappeler quelques principes: les responsables du PS sont évidemment libres de leur choix dans la primaire mais lorsqu’ils s’expriment dans le cadre de leur fonctions, chacun doit le faire de façon positive à l’égard de tous les candidats».

Et de faire la leçon: «Chacun peut avoir ses préférences, mais aucun candidat n'est un adversaire», puis d’enfoncer le clou: «Il faut laisser les attaques contre les candidats à la droite et se garder de tout ce qui pourrait menacer l'unité des socialistes». Un rappel à l’ordre très sévère pour l’un des principaux cadres du parti.

«Notre porte-parole est comptable de notre unité»

Mais qu’a fait Benoît Hamon pour mériter la colère d’Harlem Désir? Il est allé titiller, jeudi, François Hollande sur la question des retraites en lui demandant une clarification sur le départ à 60 ans, un «engagement» pris par le PS «devant les Français» et sur lequel François Hollande est resté, à son sens, flou lors du débat télévisé de mercredi soir.

«Il faudra qu'il précise exactement s'il y est favorable», a insisté le porte-parole sur LCI. Sur un «ton comminatoire», a relevé Pierre Moscovici, le coordinateur de campagne de François Hollande, qui s’est dit «un peu surpris». «Celui qui est notre porte-parole est aussi comptable de notre unité», a-t-il jugé. «La position de François Hollande est claire et il n'y a pas de clivage entre les socialistes sur ce sujet là», a ajouté le député du Doubs.

Moscovici dans le viseur

«Y en a qui disent que #lesjeuxsontfaits mais apparemment, ça, ça pose pas de problème», a défendu sur Twitter Caroline de Haas, une proche de Benoît Hamon, dans la foulée du communiqué. En effet, avant cette polémique, les esprits s’étaient échauffés la veille à cause d’un tweet de Pierre Moscovici. Pendant le débat, il a en effet posté sur son compte «les jeux sont faits». Une preuve de l’arrogance ou de la suffisance supposée de l’équipe Hollande, le favori des sondages, ont critiqué de nombreux militants sur Twitter.

Si le député du Doubs a expliqué par la suite qu’il voulait dire que les «dés étaient jetés», «pas les carottes sont cuites», c’était trop tard. François Hollande a bien tenté de corriger le tir mais le mal était fait. «Les jeux ne sont pas faits mais les dés sont jetés. Ce sont les électeurs qui font leur choix», a-t-il insisté à Toulouse. «Les jeux ne sont pas faits» car «on ne joue pas» avec une élection, a fait la leçon jeudi soir Ségolène Royal sur BFM TV.