François Hollande promet une «victoire aux allures de 10 mai 1981»

POLITIQUE Le Corrézien surfe sur sa position de favori des sondages...

Maud Pierron, à Toulouse

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François Hollande, lors de son meeting à Toulouse, jeudi 96 octobre 2011
François Hollande, lors de son meeting à Toulouse, jeudi 96 octobre 2011 — AFP PHOTO REMY GABALDA

De notre envoyée spéciale à Toulouse

Ça a été long à démarrer mais François Hollande n’a pas déçu ses partisans, venus en nombre l’écouter salle Jean Mermoz à Toulouse. Ce n’est pas faire injure à Jean-Pierre Bel, Jean-Marc Ayrault, Robert Hue et même Pierre Douglas - oui, le Pierre Douglas des années 70 qui a d’ailleurs imité Georges Marchais – que de dire que c’est le Corrézien qui a fait chavirer les 3.000 personnes présentes.

Il a commencé par un petit mensonge pour se glisser dans les pas de Mitterrand à qui il espère succéder à l’Elysée. «Un meeting à Toulouse est toujours exceptionnel, c’est pour ça que nous avons fait notre dernier meeting dans cette ville», a-t-il lancé, rappelant que l’ancien président socialiste avait pour habitude de faire son dernier meeting «à chaque fois» dans la ville rose. Sauf que lui, terminera vendredi soir par une réunion publique à Dunkerque.

Qu’importe, la salle a fait comme si. Et François Hollande enchaîné ses blagues favorites, sur les riches qui manifestent pour payer une taxe plus importante, sur les taxes sur les boissons sucrées – «ils ont trouvé leur eau miraculeuse !» – et a même mis son répertoire à jour. «Les primaires, tout à coup, à droite, ils disent que c'est formidable. Il est encore temps pour eux d'en organiser une. Nous pouvons leur fournir notre logistique. Mais j'ai l'impression que Nicolas Sarkozy ne serait pas élu, même à cette élection!». Quant aux socialistes et aux sympathisants de gauche, il les a exhortés à être «fiers» de cet exercice. Et a voter en masse. «Un euro ce n’est pas cher pour se débarrasser de Nicolas Sarkozy. Payez, payez! C’est un euro citoyen».

«J’assume!»

Mais il n’y a pas eu que des traits d’humour, jeudi soir à Toulouse. Loin de cette image attentiste qu’il a parfois cultivée dans les débats télévisés, François Hollande a tenu à montrer qu’il n’était pas un représentant de cette «gauche molle» raillée au même moment, à Paris, par Martine Aubry. Il créera bien 60.000 postes dans l’Education nationale, une mesure contestée par certains de ses camarades. «J’assume!» Le coût, c’est «500 millions par an» soit «l’équivalent du bouclier fiscal. Qui voulons-nous protéger, les plus favorisés ou les enfants de la République? J’ai choisi». Et alors qu’il a été cherché par Benoît Hamon, un proche de Martine Aubry, sur sa position sur les retraites ce jeudi, il s’est fait clair: «Ma première décision, ce sera le retour de la retraite à 60 quand on a ses annuités».

Quant au nucléaire, autre pierre d’achoppement avec Martine Aubry qui propose une sortie d’ici 2050 quand lui propose de réduire la part de 75% à 50% d’ici 2025? «Annoncer 2050, ce serait facile. Si cet engagement n’est pas tenu, comment viendra-t-on me chercher? J’aurais une adresse mais il n’est pas sur que je puisse communiquer à ce moment», a-t-il plaisanté, entraînant une fois encore les rires de l’assemblée.

«J’ai besoin de vous» 

Dimanche, «il faudra faire un choix net et clair, il faudra de la clarté dans votre choix dès le premier tour. Je vous fais confiance!», a-t-il lancé, alors qu’un de ses proches confiait un peu plus tôt espérer «un second tour de confirmation».  «Car ensuite, a prévenu le favori,  nous aurons une campagne électorale pour les présidentielles à mener.»

Et François Hollande d’insister une dernière fois. «J’ai besoin de vous dimanche. Votez! Faites votez le 9 octobre, donnez moi la force, la légitimité de vous conduire vers la victoire de la gauche, la victoire d’un 6 mai 2012 qui aura des allures de 10 mai 1981», la voix à moitié couverte par les applaudissements d’une salle debout.