«Les meilleurs moments sont devant nous», promet Martine Aubry

POLITIQUE La socialiste tenait son dernier meeting à Paris, où elle a fustigé, sans le nommer, François Hollande...

Avec Reuters

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Martine Aubry lors de son premier meeting de campagne pour les primaires Socialistes en vue de l'élection Présidentielle. 7/09/11 Toulouse
Martine Aubry lors de son premier meeting de campagne pour les primaires Socialistes en vue de l'élection Présidentielle. 7/09/11 Toulouse — FREDERIC SCHEIBER / 20 MINUTES

«Les meilleurs moments sont devant nous», a promis Martine Aubry, jeudi à Paris, à trois jours du premier tour de la primaire où elle compte créer la surprise face au favori François Hollande, relégué au rang de «tenant de la pensée molle».

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Lors d'un meeting organisé au gymnase Japy, près de 3.000 personnes ont scandé des «Martine présidente!» dans une ambiance festive mêlant applaudissements, drapeaux et cornes de brume.

Arrivée sous les vivas aux côtés du maire de Paris Bertrand Delano
ë, Martine Aubry était entourée de fidèles - l'ancienne ministre Elisabeth Guigou, le président de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon, l'adjointe au maire de Paris Anne Hidalgo, le porte-parole du PS Benoît Hamon, l'ancien Premier ministre Laurent Fabius - et de personnalités comme le généticien Axel Kahn et l'actrice Virginie Ledoyen.

«J'ai de plus en plus de force et de bonheur»


Dans une vidéo projetée avant son discours, d'autres «people» comme l'actrice Sandrine Bonnaire, l'athlète Yohann Diniz et l'ambassadeur et ancien résistant Stéphane Hessel, lui ont signifié leur soutien pour l'investiture socialiste en vue de l'élection présidentielle.

«Depuis quelques jours, j'ai de plus en plus de force et de bonheur à aller vers cette échéance. Vous êtes ceux qui m'apportez ce qu'il faut pour réussir», a dit Martine Aubry au début d'un discours de près d'une heure et demie. «Les meilleurs moments sont devant nous. Ils seront là le 9, le 16, et puis le 6 mai (2012)».

La première secrétaire du PS - en retrait de son poste le temps de la primaire - s'est félicitée d'une campagne qui a passionné les Français, comme l'ont montré les records d'audience enregistrés lors des trois débats télévisés.
«Le succès de ces primaires, c'est déjà un pas de géant sur le chemin de la victoire», a-t-elle dit. «Elles redonnent de la noblesse à la politique».


«Je sais, j'ai du caractère»

Entre deux retours sur son programme, Martine Aubry a fustigé le régime Sarkozy - «Ils écoutent les journalistes, et bien nous nous écouterons tout simplement les Français» - et salué les propos du Premier ministre François Fillon, qui a qualifié mercredi les primaires de «processus moderne». «C'est la première fois en quatre ans que le Premier ministre rend hommage à l'opposition», a-t-elle ironisé.

Ses critiques n'ont pas épargné François Hollande et son programme, visés par des phrases comme «Nous ne combattrons pas une crise dure et une droite dure avec une gauche molle», «Les tenants de la pensée molle», «Il ne suffira pas de rajouter des enseignants aux enseignants», ou «La fin du cumul des mandats c'est en 2012, pas à la saint glin-glin».

«Il ne faut pas avoir peur du second tour», a-t-elle dit. «Moi, j'attends déjà avec gourmandise le débat avec Nicolas Sarkozy».

Celle dont on pointe parfois la mine renfrognée s'est annoncée en future présidente solide et intransigeante.
«Je sais, j'ai du caractère, du mauvais caractere, me dit-on parfois, ça dépend avec qui: pour dompter les banquiers, résister aux financiers, affronter les groupes d'intérêt, je vous assure qu'il va en falloir du caractère!», a-t-elle lancé sous les applaudissements.

«De toutes manières, on sera gagnant dimanche soir»


Premier à prendre la parole à la tribune, le maire de Paris Bertrand Delanoâ a dépeint pour sa part «une femme courageuse, déterminée, bosseuse, acharnée même au boulot (mais aussi) une femme extrêmement sensible».

«J'ai envie d'avoir comme présidente une femme sérieuse, courageuse, compétente, une femme qui aime les autres parce que ce sera aussi une présidente qui aimera les Françaises et les Français», a dit le maire de Paris.

Pour Pierre, salarié du ministère des Finances croisé dans le public,
«Martine Aubry a mis en avant la place de la justice et dans un contexte dégradé, le partage est le plus important».

«De toutes manières, on sera gagnant dimanche soir», dit ce militant qui distribue des tracts depuis des mois en faveur de la primaire. A l'entrée de la salle, une quête pour Martine Aubry était organisée «pour le deuxième tour».