Présidentielle 2012: Marine Le Pen dévoile son équipe de campagne, dirigée par un jeune énarque

POLITIQUE La présidente du Front national lance son équipe pour l'élection présidentielle...

Anne-Laëtitia Béraud

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De gauche à droite, Florian Philippot, Marine Le Pen, Louis Aliot, lors d'une conférence de presse sur l'équipe de campagne de la présidente du Front national, le 6 octobre 2011 à Nanterre.
De gauche à droite, Florian Philippot, Marine Le Pen, Louis Aliot, lors d'une conférence de presse sur l'équipe de campagne de la présidente du Front national, le 6 octobre 2011 à Nanterre. — J. DEMARTHON/AFP PHOTO

Marine Le Pen a présenté, ce jeudi après-midi, son équipe de campagne pour l’élection présidentielle de 2012. La présidente du Front national a répété, lors de cette conférence de presse à Nanterre, avoir «voulu rassembler l’éventail le plus large des compétences» pour former cette équipe.

«Il y aura des absents, des contents et des mécontents», glisse Wallerand de Saint-Just, actuel vice-président et trésorier du parti, intronisé porte-parole de la campagne et conseiller politique chargé de la justice. Six structures sont dévoilées, dont les stratégiques «direction de campagne» et «comité de soutien». L’équipe est importante, avec trois directeurs de campagne, cinq porte-parole, et… quarante-trois conseillers politiques, qui varient de «l’emploi» à la «sécurité», en passant par «les libertés numériques», la «chasse» ou encore la «réindustrialisation».

Trois directeurs de campagne

Mais la star de la journée est le jeune directeur stratégique de campagne, l’énarque Florian Philippot, 29 ans, haut fonctionnaire de l’inspection générale de l’administration. Le nordiste s’est mis en disponibilité du ministère de l’Intérieur pour participer à cette campagne présidentielle. Costume sombre et cravate vert vif, le jeune homme effectue sa grande première médiatique, entre hésitations et éléments de langage finement répétés: «crédibilité», «rassemblement», ou encore «hors des clivages UMP-PS».

Ancien président d’un comité de soutien «grandes écoles» pour Jean-Pierre Chevènement en 2002, le jeune homme raconte avoir notamment rejoint Marine Le Pen pour «son discours sur l’économie», un discours jugé «trop libéral du temps de Jean-Marie Le Pen». Ce poste de directeur stratégique, au plus près de la candidate durant la campagne électorale, avait été assuré par Marine Le Pen lors de la campagne de son père Jean-Marie en 2007.

Ouverture aux souverainistes et ex-chevènementistes

Louis Aliot, numéro 2 du parti et compagnon de la responsable frontiste, occupe le poste de directeur chargé de l’opérationnel, chargé «du pôle rassemblement national». Quant au poste de troisième directeur, chargé des élections législatives de 2012 et de la mobilisation militante, il est assumé par Steeve Briois, actuel secrétaire général du FN.

Cinq porte-parole de la campagne ont été désignés, dont le souverainiste Paul-Marie Coûteaux, qui a récemment annoncé son ralliement à la présidente du Front national. D’autres «jeunes ralliés» sont présents dans l’équipe de campagne, comme conseillers politiques. Parmi eux figurent Bertrand Dutheil de la Rochère, un ancien proche de Jean-Pierre Chevènement, chargé des thèmes «République et laïcité», ou encore le jeune souverainiste Gaël Nofri, chargé des «services publics».

Quant à Yves Bertrand, l’ancien patron des Renseignements généraux qui avait récemment annoncé son soutien à Marine Le Pen, il se fait toujours attendre. «Yves Bertrand est attendu pour son expertise, mais il reste encore à le convaincre de nous rejoindre. Mais vous savez, j’ai une grande force de persuasion», lance la candidate frontiste à la présidentielle.

A sept mois de l’élection, toujours en troisième position des sondages, Marine Le Pen affiche une équipe «représentative du peuple français», afin que «les Français puissent se retrouver dans cette équipe de campagne».