Jean-Michel Baylet, bonheur primaire en Corse

POLITIQUE Le patron des radicaux de gauche a fait une visite expresse en Corse ce dimanche...

Maud Pierron, en Corse

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Jean-Michel Baylet, le 30 août 2011, au siège du Parti radical.
Jean-Michel Baylet, le 30 août 2011, au siège du Parti radical. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Heureux comme Jean-Michel Baylet qui se déplace en Corse. Une terre fertile en radicaux de gauche, où il passe des vacances tous les ans et où il pourrait faire son meilleur score aux primaires, après chez lui, dans le Tarn-et-Garonne. «C'est une journée de travail mais aussi une beau moment de vacances et d'amitié», confiait-il hier dans l'avion privé qui le mène sur l'île de Beauté.

Des débats qui «clouent le bec à la droite»

Pas de doute, le patron du PRG est détendu: la campagne des primaires touche à sa fin et contrairement à d'autres, il n'a pas la pression du score. Lui, qui n'oublie jamais de mentionner qu'il est, depuis 2005, le «grand promoteur des primaires» adoptées par le PS est «heureux» du «grand succès» de l'exercice. En témoignent ces «audiences extraordinaires» lors des «débats hors du commun», qui «font honneur à la démocratie» et «clouent le bec à la droite» qui, il en est persuadé, y viendra en 2017.

Parmi ses amis, il n'est plus le «petit» candidat mais le «Président», celui que tout le monde veut saluer. Devant des militants, à la mairie de Bastia, il fait encore l'article de ces primaires citoyennes «adoptées par les Français» qui mettront «la gauche rapidement en ordre de bataille derrière le ou la candidate désigné».

«Je suis sidéré par l'accueil très positif des gens»

Sur le marché Emile Zucarelli, le maire de Bastia, lui fait faire le tour du propriétaire en terrain archi conquis. «Vous êtes bel homme», lui lance une militante. Un autre, Jean Jean, 80 ans au compteur et pas sectaire, l'interpelle: «Vous et Valls, bravo pour les débats, les autres, ils étaient bidon!». Entre deux beignets au fromage, le patron du PRG apprécie, sous un soleil de plomb, ces encouragements. «Je suis sidéré par l'accueil très positif des gens, qui nous encouragent toujours», explique-t-il de sa voix rocailleuse. «Avant, on sentait un vrai désir d'alternance. Maintenant, on sent aussi un vrai désir de gauche, ces débats nous ont crédibilisés». C'est sûr, dit-il, il y aura plusieurs millions de votants les 9 et 16 mai prochain.

Pourtant, on ne peut pas dire quje Jean-Michel Baylet a mené une campagne effrénée auprès des Français. Pas de meetings, peu de rencontres locales en dehors des radicaux, où il ne prêche bien souvent que des convertis. «Cette campagne s'est surtout faite dans les médias» convient-il. 

Avant de rentrer à Toulouse, il fait un saut à Ajaccio. «Avec ces primaires, personne ne se demande plus qui sont les radicaux et quelles sont leurs idées», se félicite-t-il encore devant militants et élus locaux, citant le fédéralisme européen, la légalisation du cannabis ou encore la loi sur l'euthanasie. Et finalement, c'est bien là, l'essentiel pour celui qui espère qu'une nouvelle fois, les socialistes «piqueront» quelques idées radicales en 2012.

«Si j'avais des choses à me reprocher, je ne serai pas allé aux primaires»

Renvoyé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour «prise illégale d%u2019intérêt», le parquet, fait rarissime, a fait appel. En effet, le juge Jean-Michel Gentil a renvoyé le patron du PRG pour «un motif d%u2019inculpation qu%u2019il ne m%u2019a jamais signifié» pour une affaire datant de 2001, s%u2019agace Jean-Michel Baylet. «Ça va être annulé, c%u2019est sûr», assure-t-il dans l%u2019avion qui le ramène à Toulouse. «Ça me scandalise», continue-t-il, en agitant les mains. «Je ne suis pas fou. Si j'avais des choses à me reprocher, je ne serai pas allé aux primaires», se défend-il encore.