Primaire PS: Ségolène Royal tacle François Hollande et Arnaud Montebourg sur le cumul des mandats

PRESIDENTIELLE Selon elle, «l'intégrité politique, c'est de mettre en conformité les discours et les actes»...

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Ségoléne Royal au siege du parti socialiste rue de Solferino.
Ségoléne Royal au siege du parti socialiste rue de Solferino. — VINCENT WARTNER / 20 MINUTES

Une semaine avant le premier tour des primaires au Parti socialiste, Ségolène Royal égratigne deux de ses concurrents. La présidente de la région Poitou-Charentes a ainsi appelé ce dimanche François Hollande et Arnaud Montebourg à mettre en accord leur discours et leurs actes sur le cumul des mandats, en estimant que leur situation de cumul n'était «pas conforme» à l'idée qu'elle se fait de la «morale publique».

La finaliste de l'élection présidentielle de 2007 était interrogée sur le plateau de «Dimanche +», sur Canal + sur la promesse faite la veille par François Hollande de créer un ministère des Droits des femmes.

«Faire dans les actes ce que l'on dit dans sa parole»

«Vous allez me dire encore que je titille les autres candidats» mais «l'intégrité politique c'est de mettre en conformité les discours et les actes. Donc la meilleure façon de faire la parité, c'est d'arrêter avec le cumul des mandats», a déclaré Ségolène Royal, dont le seul mandat aujourd'hui est celui de présidente de la région Poitou-Charentes, qu'elle détient depuis 2004. Elle ne s'était pas représentée aux législatives de 2007 dans les Deux-Sèvres.

Alors qu'on lui faisait valoir que François Hollande promettait une application du non-cumul en 2014, elle a insisté: «il faut commencer à faire dans les actes ce que l'on dit dans sa parole».

Evoquant François Hollande et Arnaud Montebourg, «(qui font) applaudir le non-cumul des mandats», elle a ajouté: «dès qu'ils en ont l'occasion ils cumulent le mandat de parlementaire et de président de conseil général. Ce n'est pas conforme à l'idée que je me fais de la morale publique». François Hollande et Montebourg sont tous deux députés et présidents de conseil général, en Corrèze pour le premier, en Saône-et-Loire pour le second.

«Hollande a promis aux sénateurs qu'ils pourraient continuer à cumuler»

«Qui peut penser aujourd'hui qu'il est légitime et qu'il est possible d'être à plein temps président d'un conseil général ou président d'une région et en même temps député ou sénateur? », a demandé Ségolène Royal.

Au sein du PS, «ça devait être fait au moment des élections régionales, ça n'a pas été fait. Ca devait être fait dimanche dernier au moment des élections sénatoriales, ça n'a pas été fait puisque François (Hollande) a promis aux sénateurs qu'ils pourraient continuer à cumuler, d'où un certain nombre de soutiens», a déploré Ségolène Royal.

Cette critique avait déjà été formulée par Martine Aubry jeudi à Bordeaux.

La normalité, «une forme d'inaction»

«Je dis aux Français: choisissez les personnalités politiques qui mettent en accord de façon morale leurs discours et leurs actes», a conclu Ségolène Royal.

Lors de l'émission, Ségolène Royal a également pu visionner un extrait du documentaire «Primaire PS, l'improbable scénario», qui sera diffusé mardi sur Canal +.

On la voit notamment dire que «la normalité» revendiquée par François Hollande, «c'est une forme de banalité, c'est une forme d'inaction». Puis: «on utilise le mot "normal" pour dire "dormez tranquilles bonnes gens, personne ne va vous embêter, on ne va rien bouger"».