Débat PS: Les candidats montrent les dents lors du deuxième débat

PRESIDENTIELLE Après un premier exercice sans relief, les six candidats se sont plus durement affrontés pour marquer leurs différences...

Matthieu Goar

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Les six candidats aux primaires socialistes lors du deuxième débat sur le plateau d'i-Télé, le 28 septembre 2011.
Les six candidats aux primaires socialistes lors du deuxième débat sur le plateau d'i-Télé, le 28 septembre 2011. — DUFOUR-POOL/SIPA

Le deuxième débat entre les six candidats aux primaires a commencé comme un remake du premier exercice. Chaque prétendant accroché à son pupitre, ânonnant son thème de prédilection, rebattu en meeting depuis des semaines. Ségolène Royal et son blocage des prix, Martine Aubry et la suppression des niches fiscales, François Hollande et son contrat de génération, Arnaud Montebourg et la lutte contre les banques, Manuel Valls et l’autorité de l’Etat, Jean-Michel Baylet et l’Europe… Très vite, le remake a pourtant tourné court.

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Car le premier débat a visiblement laissé des traces. Et certains ont eu envie de se rattraper. Ainsi, Ségolène Royal, sans doute marquée par sa fébrilité de la semaine dernière, intervenant à chaque prise de parole de ses camarades. Sur les interdictions des licenciements des entreprises qui dégagent des profits, elle rétorque à Martine Aubry: «La procédure du tribunal est beaucoup trop longue et bureaucratique. Moi, je l’inscrirai dans la loi.» Dans ce moment fort du débat, Aubry en profite pour reprendre Hollande et sa volonté que les entreprises indemnisent les licenciés.

«Tout ne s’achète pas avec de l’argent. Moi, je crois en la justice», lance la maire de Lille, qui s’est, ce mercredi, souvent posée en rassembleuse, employant le «nous» à satiété («On est tous d’accord sur la réforme fiscale», «Là, je parle au nom de nous tous»). Un rôle de chef d’équipe qu’avait visiblement envie d’endosser François Hollande. Le favori des sondages a pris soin de prendre la parole après tout le monde, résumant les propos des uns et des autres. Comme s’il voulait se placer au-dessus de la mêlée, alors que son contrat de génération était une nouvelle fois attaqué.

«Ne nous racontez pas de balivernes», lance Baylet à Royal

«On ne donne pas sa place à la jeunesse. Ce n’est pas seulement mon cap pour la campagne, mais pour un mandat. L’élection se jouera sur une inspiration majeure», croit le président du conseil général de Corrèze. C’est sur ces thèmes économiques, sur la crise de la finance que les candidats se sont le plus accrochés. Manuel Valls et sa TVA sociale peuvent en témoigner. Le député-maire d’Evry a été repris par tout le monde, notamment par Montebourg, toujours juché sur une ligne anticapitaliste qui lui a réussi lors du premier débat. «Personne n’a le monopole de la gauche», conclut Valls.

Seul non-socialiste, le radical de gauche Jean-Michel Baylet a une nouvelle fois pu offrir une belle tribune à ses idées européennes. En sortant parfois les crocs: «Ne nous racontez pas de balivernes», adresse-t-il à Ségolène Royal. Au final, chaque camp portera, aujourd’hui, en triomphe son cador. Mais, avec cette nouvelle soirée d’échanges, vifs et corrects, c’est le PS qui est en train de réussir son pari de primaires apaisées.

Quand Guérini s'invite dans le débat

Ils avaient un boulevard devant eux. Au moment où les journalistes ont lancé le thème sur la moralité en politique, les six candidats auraient pu insister sur les affaires qui plombent la majorité (Bettencourt, les mallettes, les mises en examen de proches de Nicolas Sarkozy…).

C’était sans compter sur Arnaud Montebourg. Héraut de la rénovation du PS, le député en a profité pour remettre une couche sur le «système féodal» entretenu par Jean-Noël Guérini dans les Bouches-du-Rhône et qu’il avait dénoncé dans un rapport. «Il est nécessaire que les socialistes fassent eux-mêmes le ménage chez eux», a lancé le candidat en citant le nom de Guérini. Une attaque contre Martine Aubry, qu’il accuse d’avoir protégé le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, aujourd’hui mis en examen.

«J’ai toujours évité de parler avant que la justice ne se soit exprimée. Je veux respecter son indépendance. Dès que la justice a tranché, j’ai demandé à ce que Jean-Noël Guérini s’éloigne du PS», a rétorqué l’ancienne Première secrétaire du PS. Les attaques contre la présidence actuel ne sont venues qu’après.