Primaire PS: Martine Aubry lance son combat pour la parité et «l'égalité réelle»

PARITE La candidate à la primaire s'est engagée sur la parité homme-femmes si elle est élue...

Reuters
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Martine Aubry maire de Lille, candidate aux primaires du PS (Parti Socialiste) pour l'elections presidentielles de  2012.
Martine Aubry maire de Lille, candidate aux primaires du PS (Parti Socialiste) pour l'elections presidentielles de  2012. — ALEXANDRE GELEBART / 20 MINUTES

«Fière d'être féministe», Martine  Aubry a placé mercredi soir l'égalité hommes-femmes au coeur de son  projet présidentiel, un sujet qui semble faire consensus chez les  candidats à la primaire socialiste pour 2012.

La maire de Lille a signé un pacte sur le sujet, préparé le  Laboratoire de l'égalité, devant plusieurs centaines de personnes  réunies au Cabaret sauvage, salle de spectacle du nord-est de Paris.

«République et France sont deux mots magnifiques, deux mots  féminins, maintenant il ne reste plus que présidente et on va peut-être y  arriver», a-t-elle déclaré, entourée de soutiens politiques comme  Marylise Lebranchu, Elisabeth Guigou, Catherine Tasca et Anne Hidalgo. 

«Je ne me suis jamais servi de cette argument dans la campagne»

«Est-ce que la France est prête à élire une femme présidente de la  République? Je ne me suis jamais servie de cet argument, être une  femme, dans la campagne», a-t-elle souligné. «Oui je suis une femme  politique mais je suis socialiste, républicaine et c'est en ce nom-là  que je me bats pour l'égalité entre les hommes et les femmes».

«Je suis fière d'être féministe», a aussi déclaré l'élue, qui dit  vouloir faire voter une loi sur l'égalité hommes-femmes dès son entrée à  l'Elysée.

Le «manque d'envie»

A trois semaines du premier tour de la primaire du 9 octobre, la  maire de Lille a ironisé sur le «manque d'envie» qu'on lui prête, «ce  que chez les hommes on appellerait modestie».

Comme l'a dit à la tribune Olga Trostiansky, secrétaire générale du  Laboratoire de l'égalité, groupe de chercheurs, chefs d'entreprises et  militants associatifs de sensibilités politiques différentes, «l'inégalité hommes-femmes est l'une des plus grandes inégalités en  France, puisqu'elle concerne plus de 50% de la population».

La France est au 46e rang mondial en terme de parité politique - il y  a 19% de femmes à l'Assemblée nationale, 23% au Sénat. Il n'y a en  moyenne que 10% de femmes dans les conseils d'administration des  entreprises et les salaires des femmes sont inférieurs d'environ 25% à  ceux de leurs collègues masculins.

«Nous sommes à un moment de l'Histoire où la question de l'égalité  est enfin devenue pensable, exprimable, audible», a déclaré  l'anthropologue Françoise Héritier, membre de l'équipe de campagne de  Martine Aubry. «S'attaquer à la question de l'égalité des sexes, même si  nous avons en Occident progressé sur bien des plans, c'est aller  au-delà et amener à reformuler, le temps venant, la marche même du  monde.»

La création d'un ministère des droits de la femme

Comme l'autre candidate à la primaire Ségolène Royal, Martine Aubry  propose la création d'un ministère des Droits des femmes. Elle promet  des places en crèche, proposition partagée par son rival François  Hollande. Symboliquement, elle annonce un gouvernement composé à égalité  d'hommes et de femmes et souhaite que le Panthéon puisse accueillir des  Françaises illustres comme Simone de Beauvoir.

Son programme prévoit de suspendre les financements aux partis  politiques ne respectant pas la parité et donne trois ans aux  entreprises pour signer des accords d'égalité salariale, sous peine de  perdre les aides de l'Etat.

Comme elle, tous les candidats à la primaire ont ou vont signer le  Pacte pour l'égalité, qui prône la parité dans toutes les instances et  la lutte contre la précarité, les stéréotypes sexistes et les violences  faites aux femmes.

Manuel Valls l'a paraphé en juin, François Hollande le signera mardi  à l'Assemblée nationale. Ségolène Royal et Arnaud Montebourg l'ont  approuvé, de même que le président du Parti radical de gauche  Jean-Michel Baylet.

Le Laboratoire de l'égalité a soumis son Pacte au Mouvement démocrate, aux Verts et compte faire de même avec l'UMP.

La soirée au Cabaret sauvage a été brièvement perturbée par un petit  groupe de femmes qui ont fait irruption aux cris de «DSK déni de  justice», en référence à l'ancien directeur général du Fonds monétaire  international Dominique Strauss-Kahn, qui a été poursuivi aux Etats-Unis  pour tentative de viol. La justice américaine a ensuite abandonné les  charges contre lui.