Primaire PS: François Fillon est «atterré» par les propositions des candidats

POLEMIQUE Pour le Premier ministre, les propositions des candidats socialistes ne peuvent que creuser les déficits...

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Le Premier ministre François Fillon sur le perron de l'Elysée, le 23 février 2011
Le Premier ministre François Fillon sur le perron de l'Elysée, le 23 février 2011 — E.FEFERBERG / AFP

François Fillon s'est dit «atterré» lundi lors d'un meeting UMP à Pons (Charente-Maritime) par les propositions des six candidats à la primaire socialiste, notamment en matière budgétaire.

«Jeudi soir, j'ai regardé avec intérêt l'émission télévisée consacrée aux primaires du Parti socialiste», a déclaré le Premier ministre, qui a trouvé «l'exercice utile à la démocratie».

«Je dois dire que j'ai été atterré par les propositions des six candidats», a-t-il ajouté devant plusieurs centaines de militants UMP.

Les déficits en question

«Un élément m'a paru important: l'essentiel de l'émission a tourné autour de la question des déficits», a dit François Fillon, qui se pose depuis 2007 en défenseur de l'orthodoxie budgétaire.

Selon lui, «cette question a longtemps été ignorée à gauche, elle a longtemps été taboue, et c'est donc une bonne chose que le Parti socialiste ait enfin pris conscience du problème».

«Les déficits, ce n'est pas un problème de droite ou de gauche, c'est un problème national», a-t-il lancé.

«Conscience du problème ne signifie malheureusement pas conscience des efforts que réclame la résolution de ce problème», a déclaré François Fillon.

«A mon sens, les Français, à l'issue de ce débat (de jeudi soir, ndlr), ne savent toujours pas où, comment et en taxant qui, le Parti socialiste compte dégager des économies pour réduire nos déficits», a ironisé François Fillon.

Une politique qui coûte cher

«En revanche, nous avons parfaitement compris que la promesse d'un retour à la retraite à 60 ans, la promesse de recruter 60.000 enseignants supplémentaires et 10.000 policiers allaient coûter très cher», a-t-il poursuivi.

«La stratégie que j'ai entendue jeudi soir est une stratégie qui conduit à accroître notre déficit», a mis en garde François Fillon, en rappelant celle du gouvernement: «la réduction des dépenses de l'Etat, le non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite».

François Fillon, auteur fin août d'un plan d'économies de 12 milliards d'euros, a reconnu que «chacun préfèrerait être dispensé» de ces efforts. Mais ces derniers ne «sont rien par rapport à ceux que nous serions obligés d'assumer si le laxisme était au pouvoir», selon lui. Il a prôné des «efforts constants» qui ne seraient pas «prisonniers des échéances électorales».

Le Premier ministre, qui a entamé sa dernière année à Matignon, a «mis au défi» l'opposition de présenter un candidat «capable d'afficher la même expérience et la même combativité» que Nicolas Sarkozy, dont il a une nouvelle fois souligné la «crédibilité».