Présidentielle 2012: Manuel Valls, la bio

POLITIQUE «20 Minutes» vous présente les principales têtes d'affiche de la future élection...

Maud Pierron

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Manuel Valls, le 26 août 2011, à l'université d'été de La Rochelle.
Manuel Valls, le 26 août 2011, à l'université d'été de La Rochelle. — J.P. MULLER / AFP

C’est le plus jeune des candidats aux primaires socialistes. Manuel Valls, qui fêtera ses cinquante ans le 13 août 2012, revendique sa relative jeunesse pour porter le thème de la rénovation et de la modernité.

Né à Barcelone, fier des ses origines catalanes et grand supporter du FC Barcelone, il est naturalisé français à 20 ans. «Je veux redonner à la France tout ce qu'elle m'a donné», explique le candidat socialiste en parlant de son engagement politique. A cet âge, il est déjà adhérent du PS depuis trois ans pour apporter son soutien à Michel Rocard, représentant de la deuxième gauche, plus réaliste, opposée à celle de Mitterrand.

C’est à travers les réseaux rocardiens qu’il avancera en politique. A 24 ans, il est élu au conseil régional d’Ile-de-France. Deux ans après, en 1988, il entre au cabinet de Michel Rocard, alors Premier ministre. Il est notamment en charge des relations avec le Parlement. Après la démission de Michel Rocard, en 1991, il retrouve son poste au conseil régional francilien.

Social-démocratie, laïcité, sécurité

Et s’il échoue aux législatives de 1997, dans le Val d’Oise, il arrive enfin sur le devant de la scène médiatique puisque Lionel Jospin le nomme à  son cabinet ministériel, en charge de la communication et des relations avec a presse. A Matignon, il apprécie le pragmatisme de Lionel Jospin et soigne ses liens avec les blairistes, dont il veut importer en France les recettes économiques modernes. En 2001, il se lance aux municipales à Evry, qu’il remporte. C’est désormais sa ville-laboratoire, sa carte de visite, où il applique ses recettes: police municipale, vidéo-surveillance, construction d’une mosquée. L’année d’après, il s’ancre un peu plus dans son territoire, en devenant député.

Son parcours d’immigré naturalisé lui donne, estime-t-il, la permission de parler «cash» sur toutes les questions d’immigration. Tout comme son expérience à la tête d’une grande ville de banlieue lui permet de parler franchement sur le plan de la sécurité et de la laïcité.

Le candidat de la rupture

Manuel Valls est toujours à la limite de la rupture par rapport à ses petits «camarades». Socialiste? En tout cas, en 2008, il prône l'abandon du mot «socialisme», qu'il juge «sans doute dépassé». La règle d’or? Il est le premier à dire que c’est une bonne idée, s’il y a concertation avec l’opposition. La réforme constitutionnelle voulue par Sarkozy? Il est un des seuls socialistes à la voter, un des seuls à assumer pleinement la Ve République honnie (de moins en moins toutefois) par les socialistes. Le couvre-feu lors des émeutes de 2005? Une bonne chose, selon lui. Les futures alliances que doit réaliser le PS pour gouverner? Plutôt au centre qu’à gauche. 

C’est d’ailleurs parce que Ségolène Royal partageait ses vues qu’il l’avait soutenue lors du congrès de Reims en 2008. Lors de la polémique sur les fraudes, il était même partisan de la ligne dure, à savoir aller en justice pour contester les résultats. Il n’a pas été suivi et a fini par quitter Ségolène Royal.

Lors de ces primaires, il voulait soutenir DSK, celui qui défendrait le mieux ses idées. Mais après l’affaire du Sofitel,  il a repris le flambeau. Il roule désormais pour lui et lui seul. Et si la marche semble un peu haute pour la présidentielle de 2012, nul doute qu’il faudra compter avec lui en 2017.