Villepin, candidat en 2012?

POLITIQUE Après la confirmation de sa relaxe dans l'affaire Clearstream, l'ex-Premier ministre peut-il se lancer dans la course à la présidentielle?...

O.V. avec Reuters

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Dominique de Villepin lors de la convention nationale de son parti, République Solidaire, le 19 juin 2011, à Paris.
Dominique de Villepin lors de la convention nationale de son parti, République Solidaire, le 19 juin 2011, à Paris. — F.DUFOUR / AFP

Ce mercredi matin, la cour d’appel de Paris a confirmé la relaxe de Dominique de Villepin dans l’affaire Clearstream. Même si le président de République solidaire affirme sortir «renforcé» de cette épreuve et «plus déterminé que jamais à servir les Français», il continue à botter en touche quand on lui demande s’il sera candidat à la présidentielle de 2012.

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Une candidature à l’élection présidentielle est-elle envisageable?

«L’idée de sa candidature est loin d’être absurde. Les scores de Dominique de Villepin ne sont pas mauvais», explique François Miquet-Marty. «Selon une étude menée par mon institut pour Libération, 20% des Français souhaiterait sa victoire à la présidentielle. A titre de comparaison, Nicolas Sarkozy est à 29%», précise le directeur associé de l’institut de sondages, Viavoice.

Le problème est plus structurel. «Il n’a pas véritablement de réseau, il n’est pas assez entouré pour pouvoir se présenter», précise François Miquet-Marty.

A République solidaire, on joue au ni oui, ni non. «Nous ne sommes pas dans le temps des annonces de candidature, nous sommes dans temps du débat d’idées», répond Brigitte Girardin. Une seule certitude pour la secrétaire générale du parti: «Nous voulons être une alternative.»

Selon un article publié dans Le Monde, aucun préfet ni élu n'a signalé à l'UMP que Dominique de Villepin avait entamé les démarches pour récolter les 500 signatures nécessaires pour se présenter à l’élection.

Un poste de député pour l’ex-Premier ministre?

Depuis quelques temps, plusieurs de ses soutiens au sein de République solidaire, ont pris leurs distances, comme le député-maire UMP de Vannes, François Goulard, qui estime que toute candidature alternative à celle du Président sortant risque de favoriser l'extrême droite en 2012.

Jean-François Copé, qui le sait, a de nouveau invité ce mercredi Dominique de Villepin à réintégrer l'UMP. «Ma porte a toujours été grande ouverte», a déclaré le secrétaire général de l'UMP.

«Il y a deux hypothèses. Soit il prend ses distances, soit il reste intégré dans la famille des droites où il peut jouer un rôle tout à fait important», commente François Miquet-Marty.

Du côté de République solidaire, on ne voit pas les choses de cette façon: «Si Monsieur de Villepin a été Premier ministre, ce n’est certainement pas pour devenir député», affirme un membre du parti.

Un rapprochement avec François Bayrou?

Dans une récente interview accordée à Libération, Dominique de Villepin, évoquait en outre «le dysfonctionnement du fait majoritaire» et la nécessité du rassemblement face à la crise. «Je finis par penser qu'aujourd'hui il y a un avantage à la coalition», disait-il.

La remarque n'a pas échappé au centriste François Bayrou, partisan d'une «majorité centrale», qui l'a vue comme un ralliement à ses thèses.

«Villepin a fait une ouverture. Je l'ai eu au téléphone», a confié le président du Mouvement démocrate. Une alliance qui toutefois ne s'annonce pas si simple dès qu'il s'agit de savoir qui prend la première place.