Journées d'été FN: Gilbert Collard, aux fondamentaux frontistes

à Nice, Anne-Laëtitia Béraud

— 

Marine Le Pen, Gilbert Collard lors du  premier colloque du club «Idées et Nation» à Paris, le 16 juin 2011.
Marine Le Pen, Gilbert Collard lors du premier colloque du club «Idées et Nation» à Paris, le 16 juin 2011. — CHAMUSSY/SIPA

C’est «à la France qui en a marre», que s’adresse Gilbert Collard, ce dimanche matin à Nice. Le président du comité de soutien de Marine Le Pen pour la présidentielle 2012 ouvre la deuxième journée du rassemblement frontiste, avec un discours intitulé «Avec Marine Le Pen, un avenir pour la France».

Devant plusieurs centaines de cadres frontistes, Gilbert Collard, ami de 25 ans de la présidente du FN déroule, pendant une cinquantaine de minutes – trente étaient prévues initialement– un discours bien rôdé. Se succèdent la dénonciation du «tribalisme» puis des «grandes firmes apatrides», la victimisation de sa personne et des militants FN, ainsi que la critique, émaillée de jeux de mots parfois grossiers, des adversaires politiques.

Discours frontiste

Devant les centaines de militants rassemblés du palais des congrès, Gilbert Collard juge que la «xénophobie a changé de camp». Il rappelle les propos de l’ancien ministre UMP Alain Marleix à propos de l’écologiste Jean-Vincent Placé, tenus le week-end dernier journées d’été de l’UMP à Marseille.

«Ce n'est pas Marine Le Pen qui a traité Jean-Vincent Placé de 'Coréen national'», avant d’ajouter: «Quand on est Français, on est Français», tonne-t-il à la tribune. A propos d’Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts, qui a estimé que la petite phrase d’Alain Marleix est un reflet d’une «lepénisation des esprits», Gilbert Collard rétorque: «Au lieu de dénoncer ce que dit Alain Marleix, Eva Joly dit 'lepénisation des esprits'. Autrement dit, quand Alain Marleix pète, c'est le Front national qui pue», a-t-il ajouté.

A la recherche des ralliements

L’ancien Président socialiste François Mitterrand n’est pas oublié. A un journaliste qui lui aurait affirmé que certains militants frontistes présents lors des conférences portaient la francisque, une décoration du régime de Vichy, Gilbert Collard répond «entre nous, je ne sais pas comment c’est foutu, il aurait fallu demander à Mitterrand !».

«Qui aura les couilles de faire quelque chose ?», questionne Gilbert Collard. La salle scande: «Marine !». Et c’est bien Marine Le Pen qui a été rejointe par l’avocat, et non le Front national. Gilbert Collard aime à rappeler qu’il ne prendra pas de carte de membre car il veut garder sa liberté de parole, notamment sur la peine de mort.  

Au chapitre des ralliements, qui pour le moment sont encore rares, l'avocat affirme qu’une « liste» fournie de ces derniers sera rendue publique en octobre. Ce qui serait utile, après le démenti, ce dimanche matin, d’Yves Bertrand, l’ancien patron des Renseignements généraux, qui n'entend pas rejoindre le FN.