Marine Le Pen lance le tempo de sa campagne présidentielle

POLITIQUE La présidente du FN ouvre «ses» journées d'été à Nice...

Anne-Laëtitia Béraud

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La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 25 mai 2011, à Lille.
La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 25 mai 2011, à Lille. — B.CHIBANE / SIPA

En avant-toute. Marine Le Pen ouvre «son» université d’été ce vendredi à Nice, sobrement intitulée «Journées d’été Marine 2012». Avec, en ligne de mire, le lancement de la campagne présidentielle de la présidente du Front national.

Jusqu’à dimanche, militants et de responsables frontistes organisent leur rassemblement, qui suit les journées des socialistes à La Rochelle, puis celles de l’UMP le week-end dernier. Mais Steeve Briois, secrétaire général du FN, prévient: «Ces journées n’ont rien à voir avec les autres. Chez nous, pas de phrases assassines des uns ou des autres, et personne ne se fait prier pour venir. Et nous, au moins, nous avons une candidate pour 2012».

«La bulle Marine Le Pen a éclaté» 

Si l’organisation à Nice, ce même week-end, d’un contre-meeting avec le maire de Nice Christian Estrosi et le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé est jugée «discourtoise, parasite et dérisoire», Steeve Briois ironise: «L’UMP est en train d’imploser, ils vont à la débandade des militants et des électeurs». 

La Promenade des Anglais sera peut-être, pour Marine Le Pen, l’occasion de trouver un nouveau souffle. Car, après des scores en hausse pendant tout le premier semestre, sa «cote d’avenir» est en recul. Entre juillet et septembre, celle-ci est passée de 29% à 26%, commente Emmanuel Rivière, de TNS Sofres.

«Un contexte porteur»

Selon ce sondeur, «la bulle  a éclaté. Marine Le Pen a suscité un grand intérêt durant le printemps, mais aujourd’hui il y a un reflux. Le décrochage s’explique par une certaine lassitude, des thèmes mis en avant moins intéressants, et par une pseudo-tentative de justification de son père de la tuerie d’Oslo».

Si, selon Emmanuel Rivière, aucun «obstacle particulier» ne menace une remontée de la popularité de la présidente frontiste, Emmanuel Rivière prévient: «A être partie trop tôt dans la course, Marine Le Pen aura toujours plus de difficultés à récupérer des points supplémentaires auprès des électeurs».

Au programme de ces journées, le thème de l’économie devrait être longuement discuté, car «le contexte économique est porteur pour nos convictions», souligne Steeve Briois. Marine Le Pen aura l’occasion de marteler son discours sur la sortie de l’euro et le retour au franc, qu’elle a pu potasser pendant l’été.