Pour Guaino, «les baisses d'impôts, c'est fini»

Avec Reuters

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«A l'échelle mondiale, on est entré dans un nouveau cycle: les baisses d'impôt, c'est fini, parce que le désendettement des Etats rend le dumping fiscal plus difficile», explique Henri Guaino dans une interview publiée jeudi par Le Monde.

Le conseiller spécial du président estime cependant qu'en France, où la pression fiscale est déjà très élevée, la priorité est plutôt de «mieux répartir l'impôt que de l'augmenter». Il esquisse ce qui pourrait être un thème de la campagne de Nicolas Sarkozy, probable candidat à sa propre succession, lors de l'élection présidentielle de 2012.

Henri Guaino juge ainsi impossible de faire porter tout le poids du désendettement sur le travail. «Ce serait socialement, politiquement et économiquement intenable», explique-t-il. «Depuis trente ans, on privilégie plutôt le capital financier au détriment du travail. Il faut un rééquilibrage. Il va même jusqu'à envisager d'imposer, à terme, de la même façon le capital financier et le travail. 

«Ce devrait être l'objectif, même s'il est à long terme», dit l'ancien commissaire au plan, pour qui il faut aussi modifier le financement de la protection sociale afin d'alléger le coût du travail en France.

Il estime ainsi que la question d'une «TVA sociale» ou l'instauration d'une «taxe carbone» aux frontières sont «deux vrais sujets». Lors d'un déjeuner avec les députés UMP à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a estimé mercredi que la protection sociale ne pourrait pas continuer à être financée par les seules cotisations.

«Les importations devront y contribuer mais cela devra se faire dans le cadre d'une convergence franco-allemand », a dit le président de la République, selon un participant - allusion à l'idée d'une TVA anti-délocalisation, défendue, notamment, par le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé.