Primaires PS: Martine Aubry vire à gauche

POLITIQUE Martine Aubry a tenu son premier meeting de campagne à Toulouse mercredi soir...

Hélène Ménal

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Martine Aubry lors de son premier meeting de campagne pour les primaires Socialistes en vue de l'élection Présidentielle. 7/09/11 Toulouse
Martine Aubry lors de son premier meeting de campagne pour les primaires Socialistes en vue de l'élection Présidentielle. 7/09/11 Toulouse — FREDERIC SCHEIBER / 20 MINUTES

De notre correspondante à Toulouse

«Je suis prête à présider la République pour redresser notre pays.» C’est par ces mots que Martine Aubry a entamé, à 32 jours des primaires organisées par le PS, son premier grand meeting de campagne à Toulouse (Haute-Garonne). Distancée par François Hollande dans les sondages, elle a choisi la Ville rose où François Mitterrand terminait ses campagnes et où la plupart des barons locaux la soutiennent.

Détendue, mais en tailleur strict bleu marine, la maire de Lille a voulu démontrer qu’elle possède à la fois la carrure et les idées. Et qu’elle roule à gauche du programme du parti. La première loi de sa présidence consistera à «rétablir l’égalité salariale entre les hommes et les femmes».

Elle  envisage aussi de taxer les stocks options et les bonus ou encore d'«encadrer les rémunérations dans les entreprises où l’Etat a une participation», avec un écart maximum de «1 à 20» plutôt que de «1 à 400».

«Rétablir l'égalité salariale entre les hommes et les femmes»

La maire de Lille prône le changement,  y compris en bousculant les conservatismes de son propre camp puisqu’elle se prononce pour la fin du cumul des mandats. Elle souhaite enfin présider à contre-pied de Nicolas Sarkozy, en organisant «la sortie progressive du nucléaire», en ne nommant pas les responsables de l’audiovisuel public. Et elle préfère pour finir «écouter les citoyens plutôt que de mettre sur écoute les journalistes».

Hier, dans la salle comble de 1.800 place assises, il y avait, en plus des militants acquis à la cause, des sympathisants qui pour la première fois vont pouvoir peser sur la désignation du candidat.

Parmi eux, Nathalie et Manon*, respectivement chef d’entreprise et ex-libraire. «Déjà c’est une femme. Et en plus, elle a des idées très claires», dit Nathalie. Manon, elle, «aime sa discrétion. Elle ne déballe pas sa vie privée. Elle ne parle que politique», explique-t-elle, avant d'ajouter: «Mais j’ai aussi été traumatisée par 2002. Alors, je voterai utile, pour le candidat le mieux placé.»

 * Les prénoms ont été changés