Présidentielle 2012: Borloo soigne ses réseaux

POLITIQUE L'ex-ministre de l'Ecologie a relancé son association dans un bâtiment aux allures d'un QG de campagne...

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Jean-Louis Borloo, lors d'une conférence de presse à Paris, le 10 novembre 2010
Jean-Louis Borloo, lors d'une conférence de presse à Paris, le 10 novembre 2010 — M. Medina /AFP

Toujours pas candidat, Jean-Louis Borloo a relancé mardi à Paris son association de soutien pour la présidentielle de 2012, «O comme Oxygène», mais il a encore maintenu le suspense sur ses intentions réelles.

«Dans quelque temps, je parlerai aux Français pour leur dire si je me sens capable d'être ce réconciliateur national, pour leur dire si je me sens capable d'incarner cet oxygène dont le pays a besoin», a-t-il lancé, devant environ 200 personnes réunies dans les locaux de la structure, un immeuble du IIIe arrondissement parisien aux airs de QG de campagne.

«J'en parlerai directement aux Français dans quelques temps», a-t-il répété, avant d'être applaudi. Quelques «Borloo président!» ont fusé dans la salle.

«Oxygène n'a pas d'argent»

Lors de son discours, le président du Parti radical a appelé ses soutiens à être des forces de proposition, avec une «priorité absolue»: «la réconciliation de tous les Français, quels que soient leurs origines, leurs pensées, leurs âges, leurs forces et leurs faiblesses, et leurs territoires».

Présidée par l'avocate Véronique Lartigue, fer de lance des réseaux Borloo de Valenciennes (Nord), «O comme Oxygène» avait été créée en 1992 pour les élections régionales et veut réunir des soutiens dans la société civile.

Selon son site internet, la structure est aussi un «groupement politique» au sens de la loi et peut recueillir, comme tout parti, des cotisations financières. «Oxygène n'a pas d'argent. Ce n'est pas une quête, c'est une information», a dit Jean-Louis Borloo.

Réinventer «le logiciel libéral»

Devant plusieurs élus du PR (Rama Yade, Dominique Paillé, Laurent Hénart) ou du Nouveau centre (Jean-Christophe Lagarde), l'ancien maire de Valenciennes a fait état d'une «crise de l'Occident» et appelé à réinventer «le logiciel libéral».

«Les vieux pays européens qui sont des pays souverains n'ont plus aujourd'hui de souverain que leur dette (...) l'éducation, l'emploi, l'habitat, on n'ose même plus en parler, tellement on a le sentiment qu'on n'a plus le logiciel pour régler les problèmes», a-t-il dit.

«L'Occident est en train fondamentalement d'échouer alors que tout bouge, qu'il y a des opportunités, que l'espoir se lève en Tunisie... les échanges mondiaux, les échanges culturels...», a poursuivi Jean-Louis Borloo.

«Le logiciel libéral (...) ça a été un désastre dans tous les domaines (...) c'est ce logiciel-là qu'il va nous falloir évidemment réinventer», a-t-il aussi déclaré.

Peu avant, Véronique Lartigue avait lancé: «nous ne croyons plus à l'alternance droite-gauche». Mais devant les journalistes, le député PR Yves Jégo a rappelé que s'il devait y avoir une candidature de Jean-Louis Borloo, elle ne se ferait pas «contre la majorité» actuelle, «mais à côté».