Aubry sur Strauss-Kahn: «J'ai le droit de penser ce que je veux du comportement de DSK»

PRESIDENTIELLE La candidate à la primaire socialiste prend ses distances avec l'ancien directeur du FMI, qui devrait être bientôt de retour en France...

M.P. avec Reuters

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Martine Aubry, sur le plateau du Grand Journal, le 3 septembre 2011.
Martine Aubry, sur le plateau du Grand Journal, le 3 septembre 2011. — B. LANGLOIS/ AFP

Quoi qu’elle en dise, ses déclarations ont tout du lâchage en règle. Après avoir marqué fortement son soutien à Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, engagée dans «un sprint» pour les primaires  socialistes, a pris ses distances avec l’ancien patron du FMI. «Je pense la même chose que beaucoup de femmes sur l'attitude de Dominique Strauss-Kahn vis-à-vis des femmes», a-t-elle tancé mardi soir sur le plateau de Canal +.

Interrogée  sur cette déclaration ce mercredi matin sur BFM TV, la maire de Lille a insisté: «Dans cette affaire, il y a le comportement d'un homme, et j'ai le droit de penser ce que je veux du comportement de Dominique vis-à-vis des femmes».

Egalement questionnée par Jean-Jacques Bourdin sur la manière dont elle pourrait qualifier ce comportement, la maire de Lille a botté en touche: «Je n'ai pas à parler d'un comportement personnel, ça n'a rien à voir avec la politique». Elle explique l’avoir «accompagné» parce qu’il y a eu «la période» où il y avait «une accusation extrêmement grave, avec un acharnement contre lui». «Je ne regrette pas de l’avoir fait en attendant que la justice s’exprime» car c’était «la fidélité» à son «amitié vis-à-vis de Dominique Strauss-Kahn». Et d’ajouter: «Quand la justice s'est exprimée, nous pouvons parler. Après, il y a le comportement humain et ça, c'est le rapport de l'un à l'autre».

«Chacun doit savoir garder ses nerfs»

La première secrétaire du PS, en congé de ses fonctions, assure avoir évoqué le sujet avec DSK. «On en a parlé. Il m'a aussi parlé de moi, de ce qu'il pouvait me reprocher. Quand on est amis, on se parle de tout», a-t-elle conclu, assurant qu’il n’y avait aucun «pacte» la liant à DSK pour la candidature aux primaires, alors que de nombreux strauss-kahniens confirment qu’il était sur le point de se lancer.

Une mise au point sévère de la part de Martine Aubry, alors que le retour de DSK est annoncé en France pour le début de semaine prochaine, et qui a surpris Julien Dray. «Je considère que quand on est un ami de quelqu'un, quand on revendique cette amitié, il y a des choses qu'on ne doit pas forcément dire sur les radios», a-t-il réagi sur Europe 1 mercredi matin. «On peut lui dire en face, on peut lui faire des reproches» mais «chacun doit savoir garder ses nerfs», a ajouté le député de l’Essonne.

Montebourg veut des excuses

Mais Martine Aubry n’est pas la seule à prendre de la distance avec DSK. Arnaud Montebourg, candidat à l'investiture du PS, a lui souhaité que DSK présente des excuses aux socialistes, comme il l’a fait lundi aux salariés du FMI. «Je crois qu'avec l'esprit du retrait et du silence qui devrait être le sien, il sera nécessaire qu'il fasse les mêmes geste que ceux qu'il a pu faire en raison des préjudices que nous avons tous subis dans cette affaire», a-t-il déclaré sur I-Télé.                                  

 En revanche, Manuel Valls, candidat à la primaire qui comptait s’effacer derrière DSK, est resté sur la même ligne, recommandant sur France Info à «à chacun de prendre de la hauteur, d'être digne, décent, y compris à l'égard de Dominique Strauss-Kahn».