Primaires socialistes: Comment les différents candidats comptent faire la différence

POLITIQUE Il reste six semaines aux candidats pour emballer le match...

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Les candidats à la primaire PS (de gauche à droite) Manuel Valls,  Martine Aubry, Arnaud Montebourg, le secrétaire général par interim Harlem Desir, Segolène Royal, Francois Hollande, Jean-Michel Baylet (PRG) à La Rochelle, le 28 août 2011.
Les candidats à la primaire PS (de gauche à droite) Manuel Valls, Martine Aubry, Arnaud Montebourg, le secrétaire général par interim Harlem Desir, Segolène Royal, Francois Hollande, Jean-Michel Baylet (PRG) à La Rochelle, le 28 août 2011. — HALEY/SIPA

Les primaires socialistes, c’est vraiment parti. Les six candidats ont quarante jours pour mobiliser et convaincre de potentiels électeurs les 9 et 16 octobre prochain. 20Minutes fait le point sur les forces en présence…

François Hollande
En campagne depuis un an, le Corrézien a installé à La Rochelle l’idée qu’il était au-dessus de la mêlée, eu égard à son statut de favori dans les sondages. Pour lui, cela lui donne une «devoir supérieur», celui d’être «tourné vers les Français». En clair, François Hollande joue sur l’idée que les primaires est déjà pliée. Ainsi, espère-t-il, les sympathisants de gauche indécis qui veulent choisir celui qui pourra battre Sarkozy se porteront sur son nom. Et sur le terrain, le maire de Tulle conserve un rythme soutenu, avec deux à trois déplacements par semaine. Jeudi, il fera un grand meeting à Colombes (92). Fera-t-il le show comme à La Rochelle? Durant trois jours, devant militants et journalistes, il est redevenu «Monsieur petites blagues», un rôle qu’il avait abandonné depuis quasiment un an, le temps de crédibiliser sa candidature. 

Martine Aubry
A La Rochelle, elle a lancé le coup d’envoi de ce qui doit être sa «Blitzkrieg» pour revenir au niveau de François Hollande dans les sondages dans les quinze jours qui viennent. La preuve par l’exemple: sa visite surprise à Marseille, pour critiquer le bilan sécuritaire du gouvernement alors que Claude Guéant installait le nouveau préfet. D’ici au premier tour, la Lilloise visitera 18 départements. Sa «Lettre aux Français», publiée à un million d’exemplaires, dont une partie est en cours de distribution, sera rééditée pour arriver à un total de 1,5 million. Son équipe veut une «campagne locale», comme «les municipales», pour aller «chercher les électeurs un à un». Quelque 10.000 volontaires se seraient inscrits pour faire sa campagne. Médiatiquement, elle sera très présente à travers de nombreuses interviews aux JT et en PQR.  

Ségolène Royal
Elle ne doute de rien et surtout pas d’elle. A La Rochelle, elle a de nouveau électrisé son audience. Elle a réussi ses trois jours, multipliant les rencontres avec les militants, promettant à la fois de ne pas augmenter les impôts, d’instaurer l’encadrement militaire et de mettre les banques au pas. «Des accents altermondialistes» qui peuvent séduire l’extrême gauche, selon son soutien Jean-Louis Bianco, et des propositions propres à séduire «le centre et la droite» sur la sécurité et la République. Elle aussi va se démultiplier sur le terrain, annonçant même un déplacement par jour. Elle compte bousculer le duel annoncé Aubry-Hollande et mise sur les débats, qu’elle veut francs, pour s’imposer. Ses adversaires sont attentifs: ils estiment son score sous-estimé dans les sondages et pensent qu’elle jouera le rôle d’arbitre au second tour.

Arnaud Montebourg
Il est arrivé à La Rochelle après une semaine passée sur les routes de France, depuis son fief de Frangy-en-Bresse, avec sa caravane. Une semaine durant laquelle il a vu les Français «s’emparer des primaires» et s’intéresser à son concept de démondialisation. Son livre sur le sujet fait d’ailleurs un carton en librairie. Il a développé une campagne de terrain avec de nombreux militants, environ 4.000. Le député de la Saône-et-Loire est persuadé de se qualifier pour le second tour. Et attend les débats avec délectation: c’est là que l’opinion «se cristallisera», assure un proche, qui compte sur les qualités oratoires du député pour s’imposer. Montebourg, lui, a mis en garde les journalistes contre «la mise en scène» d’un «faux duel».     

Manuel Valls
Il ne veut pas que les primaires soient «confisquées» par les deux favoris et les petites phrases. Représentant de la «gauche moderne», il veut être «utile» à son parti, en l’appelant à tenir un «discours de vérité» sur les finances publiques. Creusant son sillon à la droite du parti, il se démarque, forcément, de l’ensemble des autres candidats. Mais n’arrive pas à décoller dans les sondages, qui le donnent grosso modo au même niveau que Montebourg, à 5%. Il dispose de peu de soutien dans le parti et mise lui aussi sur les trois débats télévisés pour se faire entendre.

Jean-Michel Baylet
Le patron des radicaux de gauche s’est engagé dans les primaires pour «moderniser et crédibiliser» le programme du PS. «Au PRG, on est un peu leur laboratoire d’idées», assure le radical sur le port rochelais. Pour lui, il faut abandonner l’idée des 300.000 emplois d’avenir, le retour de la retraite à 60 ans et la taxe Tobin. Il préfère une taxe de 1% sur les plus-values réalisées par les banques qui spéculent sur les dettes souveraines.