Crise de la dette: Manuel Valls appelle ses concurrents à la primaire à «la crédibilité»

POLITIQUE Le candidat socialiste appelle le PS à débattre sur «le bouclage financier du projet» socialiste...

Maud Pierron

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Manuel Valls, le 22 août 2011, lors d'une conférence de presse au siège du Parti socialiste.
Manuel Valls, le 22 août 2011, lors d'une conférence de presse au siège du Parti socialiste. — P. KOVARIK / AFP

Une nouvelle fois, Manuel Valls en appelle à ses «amis» et «concurrents» à la primaire. Après avoir réclamé une réunion entre les candidats pour discuter de la crise de la dette, il précise ce lundi sa pensée: que tous les candidats socialistes se retrouvent pour débattre d’un nouveau «bouclage financier du projet» socialiste. Il ne s’agit pas de se «déjuger» ni de tout «remettre à plat» mais «les conditions ont changé ces derniers mois», a expliqué le candidat à la primaire, lors d’une conférence de presse tenue au siège du PS, à la veille d'un bureau national consacré à la crise de la dette. Il a par ailleurs relevé que le projet économiste socialiste avait été réalisé sur la base d’une croissance de 2,5%.  

«La situation exige un esprit de responsabilité que la course à la primaire ne saurait remettre en question», explique-t-il. D’autant que le sujet de la dette «va structurer» non seulement la campagne des primaires, mais aussi celle de la présidentielle, qui se jouera «sur le sérieux et la crédibilité». «Les Français sont inquiets, les Français nous regardent». A eux, il veut lancer un «discours de vérité», «un discours de rigueur qui [lui] semble indispensable». 

«La marque» Valls

Manuel Valls propose en premier lieu que «l'intégralité de ce qu'on appelle les marges de manœuvre dites conventionnelles» soient «consacrées à la réduction des déficits et non plus la moitié comme c'est inscrit dans le projet PS». «Toute politique nouvelle, car nous ne pourrons pas dépenser un euro supplémentaire, doit être financée par la suppression d'une politique publique ancienne», a encore ajouté le candidat, sur le même ton que sa tribune parue dans Libération ce lundi matin.

Promettant des «efforts intenses», à la hauteur de ceux entrepris après la Libération, il assure qu’il y a «un chemin entre la rigueur et l’austérité». Mais, «nous ne pourrons pas tout promettre et tout faire», insiste-t-il, tant à l’adresse des Français que de ses «camarades», candidats à la primaire, citant notamment le retour de la retraite à 60 ans et les 300.000 emplois d’avenir. 

Interrogé sur son initiative, qui pourrait gêner le PS, le député-maire rétorque: «Il y a quelque chose que je ne veux pas, d'ailleurs je crois que les Français ne le permettraient pas, c'est le choc de la désillusion au lendemain d'une victoire» de la gauche en 2012. «Si nous gagnons dans ces conditions, sur la base de promesses que nous ne pourrions pas tenir, et uniquement sur le rejet du président de la République sortant, alors une nouvelle fois la gauche sera confrontée à sa grande difficulté, à son rapport particulier à l'exercice du pouvoir», a encore développé Manuel Valls. «Le discours de vérité, c’est ma marque depuis plusieurs années», a-t-il ajouté, en espérant que les sympathisants de gauche lui reconnaîtront cette spécificité lors de la primaire socialiste. «Je vais être entendu», veut-il croire, notamment lors des débats qui seront organisés entre candidats.