Primaire socialiste: Ségolène Royal seule en piste, ses concurrents en vacances

POLITIQUE Comme à son habitude, elle occupe le front médiatique face à la crise de la dette, ce qui est d'autant plus visible quand ses concurrents à la primaire sont en vacances...

Maud Pierron

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Ségolène Royal dans la cour du siège du Parti socialiste, rue de Solférino, à Paris (le 4 avril 2011)
Ségolène Royal dans la cour du siège du Parti socialiste, rue de Solférino, à Paris (le 4 avril 2011) — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

En voilà une qui a eu le nez creux de rester à Paris en plein cœur du mois d’août! Quand tous ses rivaux à la primaire socialiste sont en vacances, même «studieuses», en province, Ségolène Royal squatte le siège du PS. Dans le cadre de la primaire, le PS a mis à disposition de tous les candidats un bureau au siège du PS, rue de Solférino, mais aussi l’usage de la salle de presse. Pour l’instant, seule Ségolène Royal en use, chaque semaine depuis mi-juillet, pour tenir une conférence de presse hebdomadaire au cœur «de la maison des socialistes». Des devoirs de vacances rendus obligatoires par des sondages à la traîne, mais qu’elle effectue avec un plaisir non dissimulé. Et elle attire les médias.

En entrant ce mercredi dans la (petite) salle de presse, bondée, un permanent socialiste lance: «Il y a plus de monde que lundi!». Lundi, c’était Christophe Borgel, secrétaire national aux élections qui tenait la permanence du point presse en l’absence de Benoît Hamon.   

Sarkozy taclé

Lorsque l’actualité s’emballe, lorsque la crise de la dette fait trembler la zone euro comme ce mercredi, c’est la seule personnalité socialiste à occuper visiblement la scène. A monter au front pour tacler Nicolas Sarkozy. Le président est rentré en urgence à Paris? «Mieux vaut tard que jamais. Le président rentre, il ne fait que son devoir. Mais ce qui compte, c'est que les décisions soient prises», lâche-t-elle à la presse. «Pas grand-chose n’est sorti de cette réunion», commente-t-elle ensuite, la prenant en exemple de «l’inertie» coupable des politiques qu’elle fustigeait un peu plus tôt lors de sa déclaration solennelle sur la manière de sortir de la crise de la dette.

Pendant qu’elle prône un «nouvel ordre international juste», ses concurrents, notamment Martine Aubry et François Hollande, se font plus discrets. La première a publié un texte sur son site Internet de campagne «crise de la dette: quelles mesures pour remettre l’économie devant la finance» et ne compte pas sortir de ses vacances bretonnes pour reprendre la main sur ce sujet. «Mais le texte a été très commenté sur les réseaux sociaux», fait valoir un proche. François Hollande, lui, a choisi de s’exprimer via la presse écrite (Les Echos et Le Point), fatalement moins visible qu’une conférence de presse suivie par les télés.  

Les sondages, «une forme de bulle spéculative»

D’ailleurs, Ségolène Royal ne s’est pas privée de mettre en lumière l’absence de ses rivaux sur la scène politique. «Le contexte politique est grave. Dans un contexte où l’on va demander beaucoup d’efforts aux Français, je ne vois pas pourquoi nous ne ferions pas des efforts», lâche-t-elle, mettant en avant ses nombreux déplacements sur le terrain, passés -une centaine depuis 2007-, et à venir (Corse et Marseille notamment). «Tout se mérite, sourit-elle. Les jeux ne sont pas faits. Ma conception, c’est que le travail finit par porter ses fruits. Je continue sur ma lancée».

D’ailleurs, pour la primaire, même si tous les sondages la placent constamment en 3e position derrière Hollande et Aubry, elle est «optimiste». Les sondages, c’est une «forme de bulle spéculative», qui va finir par se «heurter au principe de réalité», assure-t-elle. Tout se cristallisera lors du «momentum», ce «moment crucial» où les électeurs vont vraiment réfléchir à «qui dit quoi». En pariant avoir fait le gros du travail au cœur de l’été.