Présidentielle 2012: Arnaud Montebourg, la biographie

POLITIQUE «20 Minutes» vous présente les principales têtes d’affiche de la future élection...

Matthieu Goar

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Arnaud Montebourg, en meeting à Pessac, le 8 février 2011.
Arnaud Montebourg, en meeting à Pessac, le 8 février 2011. — P. SAURA/ SIPA

Avocat qui ne fait plus que de la politique ou homme politique qui plaide en permanence? Dans son attitude et sa trajectoire, sur les plateaux de télé comme à la fête de la Rose de Frangy-en-Bresse, Arnaud Montebourg a toujours mélangé ses deux activités pour mettre la force du verbe au service de ses combats. Ce qui lui attire des milliers d'admirateurs et  autant de détracteurs. Montebourg, soit on aime, soit on déteste. 

Les débuts militants

Né en 1962 à Clamecy (Nièvre), ce fils d’un fonctionnaire des impôts et d’une universitaire a fait son droit à l’université de Dijon, puis à la Sorbonne à Paris. Intégré à l’Institut d’Etudes Politiques (Sciences po Paris), il échoue au concours d’entrée de l’Ena mais poursuit ses activités militantes. D’abord à l’Unef puis dans un cercle de réflexion proche de Laurent Fabius, «Espace 89».

Malgré un début de carrière prometteur (défenseur de Christine Villemin). Arnaud Montebourg met très vite entre parenthèses sa carrière d’avocat au Barreau de paris pour se consacrer à la politique. Dès 1997, il est élu député de Saône-et-Loire. Et commence à populariser certains de ses combats. Dès les premières années, il anime la mission parlementaire sur le blanchiment d’argent puis, en 2001, il lutte contre l’immunité du président de la République. Au début des années 2000, il combat d’ailleurs pour une nouvelle constitution pour la République française qui permettrait de limiter le pouvoir du président. Sa VIe République rêvée qui assurerait un meilleur équilibre des pouvoirs…

Au gré des courants

En compagnie d’autres quadras comme Vincent Peillon ou Benoît Hamon, il crée au sein du PS un courant à gauche du parti. La motion de son Nouveau Parti socialiste (NPS) recueille près de 20% au Congrès de Dijon en 2003. Au bout de deux ans à peine, Montebourg claque la porte à cause de divergences avec ses camarades. Lors de l’élection présidentielle 2007, il soutient Ségolène Royal dès juillet 2006 et devient l’un des porte-paroles de la candidate. Mais l’un de ses blagues («le seul problème de la candidate, c’est son compagnon»), est mal pris et l’oblige à se taire pendant un mois. suspendu.

Réélu député en 2007 et président du Conseil général de Saône-et-Loire en 2008 (alors qu’il s’était longtemps prononcé contre le cumul des mandats), Arnaud Montebourg se lance dans la bataille des primaires le 20 novembre 2010, lors d’un discours dans son fief électoral de Frangy-en-Bresse. Pour appuyer cette candidature, il publie un livre-programme dense («Des idées et des rêves») qui promeut un capitalisme-coopératif et une démondialisation (voir le livre «Votez pour la démondialisation» qu’il a préfacé au printemps 2011). Mais pendant de longs mois, il défraye surtout l’actualité après son rapport au vitriol sur la gestion de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône de Jean-Noël Guérini et peine à faire décoller sa campagne.

Il est la surprise des primaires en récoltant 17,19 % des suffrages. Sa position de 3e homme lui confère un rôle d'arbitre qu'il utilise à fond. Avant d'annoncer son ralliement, il demande à Hollande et Aubry de répondre à une lettre où il leur demande des précisions sur leur volonté d'appliquer ses idées à lui. Après un suspens de quelques jours, il annonce qu'il votera Hollande mais laisse ses électeurs libres de leurs choix. 

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