Présidentielle 2012: François Hollande, la bio

POLITIQUE «20 Minutes» vous présente les principales têtes d'affiche de la future élection...

Matthieu Goar

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François Hollande, le 1er avril, en déplacement à Boulogne-sur-Mer.
François Hollande, le 1er avril, en déplacement à Boulogne-sur-Mer. — P. HUGUEN / AFP

Et un de plus. Comme son ancienne compagne, Ségolène Royal, et son adversaire politique, Dominique de Villepin, François Hollande est issu de la promotion Voltaire (1980) de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA). Lui aussi est un multidiplômé. Avant l’ENA, ce fils de médecin originaire de Rouen, décroche coup sur coup les diplômes de HEC Paris et de Sciences Po où il anime la section de l’Unef.

Auditeur à la Cour des comptes au début des années 80, il adhère au PS en 1981 et devient conseiller de François Mitterrand pour les questions économiques sous l’impulsion de Jacques Attali. Mais c’est sur le terrain que Hollande va gagner ses premiers galons, lors de sa défaite honorable aux législatives face à Jacques Chirac dans la circonscription d'Ussel (Corrèze), commune dont il devient conseiller municipal en 1983 avant d’accéder à l’Assemblée en remportant le siège de la circonscription de Tulle en 1988, avec près de 53% des suffrages exprimés. Lors des élections catastrophiques pour le PS de 1993, il perd son mandat de député et prend la présidence du «Club témoin» de Jacques Delors, l’homme qui a le plus influencé sa pensée politique, faite de pragmatisme et de méfiance vis-à-vis des chapelles qui structurent le PS.

A la tête du PS

Après la nomination de Lionel Jospin à Matignon, ce dernier lui confie les rênes du PS par intérim. En 2002, l’ancien Premier ministre se retire de la vie politique et François Hollande est élu à la tête du Parti socialiste. Homme de consensus (d’indécision disent ses adversaires), il incarne l’opposition à Jacques Chirac et doit traverser de nombreuses crises, notamment celle du référendum européen qui déchire les socialistes en 2005. Hollande en veut encore à Fabius d’avoir appelé à voter non, outrepassant ainsi les consignes de la direction et le vote des militants. Arrivent 2006 et les primaires socialistes. Hollande est tenté d’y aller mais s’efface, notamment en constatant la popularité de sa compagne Ségolène Royal. «En 2007, j’avais deux écueils. Le premier politique avec la difficulté de rassembler le parti après le référendum européen et un plus personnel avec Ségolène. Elle avait anticipé, créé une relation avec l’opinion. Sa candidature était irrépressible, inarrêtable», confie-t-il à 20 Minutes.

Hollande à la conquête de la France

En 2008, il lâche son siège de premier secrétaire du PS à Martine Aubry qui le critique durement (sur son inaction à Solférino, elle dit: «Quand je suis arrivé, même les toilettes fuyaient… »). Il est touché mais entretient ses réseaux en cultivant une relation particulière avec les militants qui ont toujours apprécié sa bonne humeur et son humour. Réélu à la tête de la présidence du Conseil général de Corrèze en mars 2011, il annonce dans la foulée sa candidature à la présidentielle. Et se lance dans les primaires socialistes en arpentant les fédérations. «Moi je considère que chaque membre du PS est un leader d’opinion. Il va aller chercher les autres. Son milieu familial, ses amis. Dans le plus profond du parti, je suis plus reconnu que Martine», explique-t-il.

Rassembleur et habile (attendre que tout le monde parle pour se positionner) pendant les débats, il l'emporte au second tour face à Martine Aubry avec 56,57% des suffrages. Investi, il calme son rythme de campagne jusqu'à Noël et reprend l'offensive avec l'inauguration de son QG, son grand meeting du Bourget le 22 et la présentation de son programme.