Sergio Coronado: «Nicolas Hulot n'a pas été maltraité»

INTERVIEW Le directeur de campagne d'Eva Joly ne «veut pas entrer dans la polémique» et laisse la porte ouverte à l'ex-animateur pour intégrer l'équipe de campagne d'Eva Joly à la rentrée, malgré les critiques de ce dernier...

Propos recueillis par Maud Pierron

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Sergio Coronado (à gauche), l'actuel directeur de campagne d'Eva Joly, et Noël Mamère, dans l'équipe de campagne de la candidate EELV à la présidentielle, lors d'une conférence de presse à Paris le 6 décembre 2005.
Sergio Coronado (à gauche), l'actuel directeur de campagne d'Eva Joly, et Noël Mamère, dans l'équipe de campagne de la candidate EELV à la présidentielle, lors d'une conférence de presse à Paris le 6 décembre 2005. — F. GUILLOT/ AFP

Avez-vous lu l’interview accordée au magazine Breton accordé par Nicolas Hulot?
On n’est pas très surpris par son contenu. D’autant qu’elle a été réalisée juste après la victoire d’Eva Joly à la primaire (en fait le 10 juillet, deux jours avant les résultats officiels). On met ça sur le compte de la déception. Il a pris des risques en s’engageant dans cette primaire vu sa situation professionnelle. Il a le droit d’être déçu et en colère mais on ne veut pas entrer dans les polémiques. On ne lui en tient pas rigueur et on espère que le temps aidant, il reviendra à de meilleures dispositions. On est toujours disposé à parler avec lui, calmement, à la rentrée. On le fait déjà d’ailleurs avec certains membres de son équipe et ça se passe bien.

Quelle place souhaiteriez vous accordez à Nicolas Hulot dans la campagne d’Eva Joly?
La place qui lui convient, celle qu’il a envie d’occuper. On ne veut pas faire de marchandage avec Nicolas. C’est quelqu’un qui a beaucoup de qualités, une grande popularité, et s’il nous rejoint, nous serions ravis.

Il dénonce notamment un manque de soutien d’EELV de manière général et même d’Eva Joly, notamment quand à Notre-Dame-des-Landes, il a reçu un sceau d’épluchures…
Sur cet épisode précis, quand on l’a croisé ensuite avec Eva, on n’était pas au courant de ce qu’il s’était passé. Il ne nous en a pas dit un mot. Mais quand on l’a su, on a contacté son équipe, Eva et Cécile [Duflot] ont envoyé des SMS. On n’a pas voulu non plus en faire des tonnes. Peut-être aurait-il fallu faire un communiqué pour le soutenir? Franchement, je ne sais pas. Mais dans cette primaire, Nicolas n’a pas été maltraité, il n’a pas été attaqué. Cécile a fait en sorte pour qu’il arrive en douceur dans le mouvement, que sa candidature apparaisse comme légitime alors qu’il ne faisait pas partie du mouvement. C’est une primaire, ça reste une compétition interne. Nicolas  n’avait peut-être pas les codes de la vie politique.