Course 2012: Les clans Aubry et Hollande vers une guerre de position

EXCLUSIF Les résultats du septième sondage CSA pour «20 Minutes», BFMTV et RMC...

Matthieu Goar
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Course Elysée Aubry Hollande
Course Elysée Aubry Hollande — M. LIBERT / S. ORTOLA / 20 MINUTES

Place à la guerre d’usure. A l’heure de la clôture des inscriptions aux primaires socialistes, période pendant laquelle les deux favoris se sont répartis leurs généraux, les camps Aubry et Hollande se jaugent. «Le PS entre dans une guerre de position, alors que certains espéraient une guerre de mouvement avec la montée en puissance d’un des deux candidats, puis un vote de confirmation», analyse Jérôme Sainte-Marie, directeur du département politique de l'institut CSA.

Les résultats de notre sondage mensuel réalisé par CSA pour 20Minutes, BFMTV et RMC sont, à cet égard, significatifs. François Hollande devance d’à peine deux points Martine Aubry, chez les votants aux primaires. Et chez les sympathisants socialistes, les deux candidats sont à égalité, rejetant Ségolène Royal à 30 points.

Au coude-à-coude

L’hypothèse d’un duel se confirme car l’ancienne première secrétaire du PS a rattrapé son retard sur son principal concurrent. Depuis le mois de mai, la maire de Lille a gagné 9 points ( 19 points chez les sympathisants PS). Paradoxalement, cette dynamique est freinée depuis l’annonce de sa candidature, phagocytée par une actualité chargée avec la libération des otages ou le bouleversement de l’affaire Dominique Strauss-Kahn.

«Médiatiquement, les deux dernières semaines ont été mouvementées, mais la dynamique et la crédibilité sont là», résume Michel Destot, maire de Grenoble et soutien de la maire de Lille. «L’entrée en campagne d’Aubry a eu un effet. Nous restons vigilants, mais François Hollande possède quand même un potentiel plus important», estime Stéphane Le Foll, député européen et fraîchement promu organisateur de campagne du président du conseil général de Corrèze.

Pas du tout affaiblie par les rumeurs qu’elle a dénoncées (le sondage a été réalisé lundi), Martine Aubry est effectivement toujours en retard dans la course prépondérante à l’image. A part sur le critère d’autorité, elle est battue dans sept domaines (capacité à rassembler, compétence, etc.), particulièrement sur le critère de présidentiabilité, où l’écart atteint 18 points.

«Cela conforte l’idée de François [Hollande] de s’être lancé tôt pour incarner la fonction», glisse Stéphane Le Foll. Candidate depuis à peine quinze jours, Martine Aubry est dans un timing différent, ce qui rassure ses partisans. «Les déplacements à l’international ou encore son équipe de campagne avec des pointures vont lui permettre de vite rattraper ce retard», analyse Régis Juanico, député de la Loire proche de la candidate. La guerre de mouvement pourrait vite commencer.

Les équipes en place

Mardi, Aubry et Hollande ont dévoilé leurs équipes de campagne. Du côté d’Aubry, c’est sans surprise François Lamy, député de l’Essonne, qui dirigera la campagne. L’adjointe au maire de Paris, Anne Hidalgo, et le député Olivier Dussopt seront les porte-parole de la candidate. Hollande, après avoir déposé ses parrainages, a présenté ses lieutenants. L’équipe de coordination sera dirigé par le strauss-kahnien Pierre Moscovici. Vincent Peillon sera responsable des discours et des idées.