Primaire socialiste: Un démarrage difficile

POLITIQUE Entre l'affaire DSK qui pollue leur campagne et les divergences entre candidats qui se font jour, la primaire s’annonce plus compliquée que prévu...

M.P.

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Martine Aubry réagit aux rebondissements dans l'affaire DSK le 1er juillet 2011 à Paris.
Martine Aubry réagit aux rebondissements dans l'affaire DSK le 1er juillet 2011 à Paris. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Dur dur l’entrée en matière de la primaire socialiste. Il faut dire que débuter sa campagne interne quand l’ex-favori du parti est empêtré dans plusieurs scandales sexuels peut paraître compliqué. Et quand les rebondissements judiciaires, à Manhattan ou à Paris appellent forcément, pour les médias, des réactions de la part des «camarades» de DSK.

A tel point que l’exaspération domine parmi les candidats socialistes à la primaire. Après avoir fustigé mercredi le «torrent de merde» venu de New York, Manuel Valls s'est refusé ce jeudi sur France 2 à «commenter tous les jours des rebondissements sur ce feuilleton judiciaire». Même lassitude du côté de Martine Aubry. «Laissez-nous faire de la politique correctement», a-t-elle lancé aux reporters qui l’interrogeaient sur le socialiste, lors de son déplacement dans la Drôme mercredi. Claude Bartolone, lui, assure que l’affaire DSK ne parasite pas le travail des socialistes. «Il y a, malgré ces images, malgré ces informations, une immense envie de changer, une immense envie de gagner», a-t-il dit sur Europe 1.

Prendre le contre-pied du projet socialiste

Mais lorsque «l’écume des choses» ne fait pas la «Une» et que le fond est abordé, ce n’est pas plus simple. Des divergences apparaissent. Les candidats socialistes à la primaire prennent des libertés, voire même le contre-pied du projet adopté à la quasi-unanimité par les militants fin mai.

En première ligne, Manuel Valls, le franc-tireur. Les 300.000 emplois d’avenir proposés par son parti, Martine Aubry en tête, il «n’y croit pas». Tout comme le rétablissement de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, une des pierres angulaires du projet. «Chacun de nous apporte un projet différent», a-t-il dit sur France 2. «Il y a des candidats dont on ne voit pas très bien la différence, François Hollande ou Martine Aubry. D'autres, comme moi, incarnent un langage de vérité», tance-t-il.                  

Tout est dans la nuance

Dans un entretien à Libération, Ségolène Royal y est allée de sa petite nuance sur la retraite, en proposant de tenir compte de la pénibilité. «Il y a des millions d'ouvriers qui, à 60 ans, sont déjà fatigués et usés par le travail et je considère que cet acquis social doit absolument être maintenu», a-t-elle déclaré sur France Inter.

Et quand de nouvelles idées sont lancées, comme celle de François Hollande d’inscrire dans la Constitution des règles de négociation collective, c’est Jean-Christophe Cambadélis, proche de DSK et rallié à Aubry, qui lui règle son compte. «C'est une vision de la négociation sociale, pour moi, un peu corporatiste», a-t-il taclé. Rien de méchant pourtant, puisque cette primaire se déroulera dans un bon climat, comme le répètent tous les candidats.