Le PS est prêt à un retour de DSK, mais sans tapis rouge

PRESIDENTIELLE Libéré sur parole vendredi, Dominique Strauss-Kahn a perdu 35 points en un mois dans les sondages...

Vincent Vantighem

— 

Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn quittent le tribunal, le 1er juillet à New York.
Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn quittent le tribunal, le 1er juillet à New York. — BRENDAN MCDERMID / REUTERS

«Il est joyeux et confiant. Mais surtout pressé que toute cette histoire se termine pour passer à autre chose…» Jean-Marie Le Guen est l'un des rares proches à avoir eu Dominique Strauss-Kahn au téléphone ce week-end. De cet entretien de quelques minutes, le député (PS) de Paris n'a tiré qu'une simple conclusion: «Je suis sûr que DSK aura désormais une place importante dans la campagne du PS!»

Libéré sur parole vendredi après les révélations sur la personnalité de Nafissatou Diallo, DSK a redonné espoir à tout son camp. La question n'est pas tant de savoir s'il va revenir dans la course aux primaires mais s'il a intérêt à le faire? Dimanche matin, un sondage Harris Interactive pour Le Parisien révélait ainsi que 49% des Français étaient favorables à un come-back de DSK, alors que 45% y sont défavorables.

Martine Aubry ira «au bout»

«En un mois et demi, on a beaucoup dit sur son rapport aux femmes, sur son rapport à l'argent, analyse François Miquet-Marty, fondateur de l'institut Viavoice. Il peut désormais apparaître comme une victime. Mais je pense qu'il y aura toujours un doute sur sa moralité…» Un doute qui lui a fait faire une chute vertigineuse de 35 points en un mois dans les sondages. Et qui, aujourd'hui, interroge aussi les autres candidats aux primaires.

«Laissons-le souffler. Dominique a vécu l'enfer, a réagi, dimanche soir sur France 2, Martine Aubry. S'il veut revenir, personne n'osera lui opposer un quelconque calendrier. Pour ma part, j'irai jusqu'au bout de ma candidature.» Avec le soutien d'un DSK blanchi? «Oui, il peut très bien devenir le “faiseur de reine” en soutenant officiellement Martine Aubry dans la course aux primaires, lâche Frédéric Dabi, directeur du département opinions et stratégies à l'Ifop. Mais alors, elle devra s'interroger sur ce que DSK peut lui apporter, mais aussi lui faire perdre…»

Une question qu'exclut pour le moment Jean-Marie Le Guen. «On a dit de DSK qu'il était détruit. C'est mal le connaître…, confie-t-il. Il n'est absolument pas déstabilisé. Il est très fort et toujours très engagé dans ses convictions. On va assurément vers une nouvelle donne au sein de notre parti…» En attendant, DSK a goûté, ce week-end, à sa liberté retrouvée. Il a fait savoir qu'il ne s'exprimerait qu'une fois qu'il serait totalement blanchi.