Affaire DSK: Doutes sur la primaire socialiste

POLITIQUE Même si Dominique Strauss-Kahn n'est pas sorti d'affaire, il pourrait revenir dans le jeu de la primaire...

Avec Reuters

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François Hollande, Martine Aubry, Ségolène Royal, Laurent Fabius lors de la convention nationale du PS à Paris le 28 mai 2011.
François Hollande, Martine Aubry, Ségolène Royal, Laurent Fabius lors de la convention nationale du PS à Paris le 28 mai 2011. — CHAMUSSY/SIPA/

DSK est loin d'être tiré d'affaire, mais le PS s'interroge déjà sur ce qu'il pourrait faire s'il était blanchi avant la clôture des candidatures aux «Primaires citoyennes», le 13 juillet.

La fragilisation d'une partie de l'accusation contre Dominique Strauss-Kahn et la levée de son assignation à résidence à New York ont créé une onde de choc sur les primaires socialistes françaises.

«Il n'y a pas de raison de revenir sur ce calendrier»

Les fidèles de l'ancien meilleur candidat du PS veulent croire qu'un possible non-lieu lui permettrait de revenir dans la course, alors que François Hollande mène sa campagne tambour battant et que Martine Aubry s'est déclarée mardi.

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Un scénario rejeté vendredi soir par Harlem Désir, le premier secrétaire par intérim du PS.

13 juillet

«Il faut que nous continuions (…) à faire en sorte que celles et ceux qui souhaitent être candidats dans ces élections primaires puissent se présenter devant les Français», a-t-il dit. «La période de dépôt des candidatures est ouverte, mais je crois qu'il n'y a pas de raison de revenir sur ce calendrier».

La période de dépôt des candidatures se termine normalement le 13 juillet.

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François Hollande a cependant créé la surprise en se disant disposé à reporter la date de clôture des candidatures à «fin juillet, voire même fin août», mais pas celle du scrutin lui-même.

Les avocats de l'ex-directeur du Fonds monétaire international ont dit leur espoir d'obtenir l'abandon des poursuites lors de la prochaine audience devant le tribunal de New York, le 18 juillet.

Charges pas abandonnées

Son avocat français, Jean Veil, espère même une nouvelle audience surprise la semaine prochaine, bien qu'aucune charge contre Dominique Strauss-Kahn n'ait été pour l'instant abandonnée par le procureur de New York.

Martine Aubry, qui s'est réjouie à Lille que la "vérité progresse" en faveur de Dominique Strauss-Kahn, a refusé pour sa part de répondre aux questions sur les conséquences de ce rebondissement pour la primaire socialiste.

Jean-Marie Le Guen, le député de Paris proche de Dominique Strauss-Kahn, a jugé lui aussi «tout à fait prématuré» d'évoquer le retour politique de son chef de file.

Deux autres candidats aux primaires, Arnaud Montebourg et Manuel Valls, n'ont vu aucune raison de changer les modalités et les dates des primaires.

Le principal interressé ne devrait pas se prononcer dans l'immédiat. «Il s'exprimera lorsqu'il sera en France et lavé de tout soupçon», a déclaré Me Jean Veil.

La droite observe pour sa part la consigne de silence qu'elle s'est fixée depuis le début de l'affaire.

«Nous devons attendre sereinement que la justice américaine fasse son travail. C'est la seule conduite à tenir dans cette affaire», a déclaré le Premier ministre François Fillon vendredi à Jakarta.

Un retour de Dominique Strauss-Kahn dans la course à la présidentielle de 2012 est possible s'il est blanchi mais les révélations sur son mode de vie risquent de peser lourd, estiment des analystes.

Pascal Perrineau, directeur du Cevipof, le centre de recherche politique de l'institut de sciences politiques de Paris, est assez circonspect.

«S'il est lavé de tout soupçon, il faudra voir exactement quelles conséquences ça peut avoir sur le processus des primaires, sur un éventuel retour que je vois tout de même difficilement», dit-il.

«Tant qu'un doute fort subsiste sur le comportement qu'il a eu, même si ce comportement n'est pas aussi criminel qu'on a bien voulu le dire, un retour me semble vraiment très difficile», ajoute-t-il.

«Cette affaire a permis de diffuser une image qui n'était pas la sienne auparavant dans l'opinion publique française, qui n'était pas informée par exemple du caractère un peu libertin de sa vie personnelle», note Gérald Bronner, professeur de sociologie à l'université de Strasbourg.