Pierre Moscovici veut faire «une alliance» avec François Hollande

POLITIQUE Le député du Doubs ne se présentera donc pas à la primaire et confirme que le courant strauss-kahnien éclate...

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Le député PS Pierre Moscovici, candidat aux primaires, qui s'est abstenu mardi lors du vote du Conseil national sur l'égalité réelle, exprimant ses "réserves", se défend de tout "positionnement" et n'accepte "ni les faux procès", ni "les leçons hypocrites".
Le député PS Pierre Moscovici, candidat aux primaires, qui s'est abstenu mardi lors du vote du Conseil national sur l'égalité réelle, exprimant ses "réserves", se défend de tout "positionnement" et n'accepte "ni les faux procès", ni "les leçons hypocrites". — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Sans leur mentor, les lieutenants de Dominique Strauss-Kahn se divisent dans la course à la primaire. Pierre Moscovici a proposé mercredi soir une «alliance» avec François Hollande, candidat à la primaire socialiste à son mouvement qui l'a approuvée, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Une centaine de grands élus -maires, députés et une quinzaine de sénateurs- tous membres de son mouvement Besoin de gauche doivent signer un texte du député du Doubs expliquant les raisons de leur choix en faveur de François Hollande, rendu public jeudi.

Courtisé par Aubry et Hollande

Pierre Moscovici avait réuni plus d'une centaine de ses amis de Besoin de gauche mercredi soir au Conseil régional d'Ile-de-France. L'ancien ministre devrait prendre des responsabilités dans la campagne du député de Corrèze.

Pierre Moscovici, qui parlait de choix «cornélien», hésitait entre une candidature personnelle, soutenir Martine Aubry ou François Hollande, ou reporter sa décision. Il avait assuré avoir «résolu» son dilemme dans l'émission «Preuves par 3» de Public Sénat/AFP, et qu'il allait donner la primeur de sa décision ce mercredi soir à ses amis.

«Il nous a soumis l'idée de faire une alliance avec François et de débattre là dessus. Le choix lui reviendra», a rapporté un participant. «On est tombés d'accord pour que ce soit un choix collectif et on a salué sa démarche», a ajouté ce participant.

«Je ne serai le lieutenant de personne»

Après l'éviction brutale de leur champion, Dominique Strauss-Kahn, le 14 mai dernier à New York, la famille strauss-kahnienne s'est divisée: Michel Destot et plusieurs grands élus ont décidé de soutenir Martine Aubry qui s'est déclarée candidate mardi, tout comme Jean-Christophe Cambadélis.

Le président de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon s'est déclaré pour Martine Aubry, tandis que la vice-présidente du conseil régional d'IDF, Michèle Sabban a décidé d'apporter son soutien à Manuel Valls.

Pierre Moscovici était lors du Congrès de Reims en 2008 l'allié de François Hollande et de Bertrand Delanoë qui, lui, a choisi la maire de Lille. Besoin de gauche revendique 4 à 5.000 fidèles, un mouvement très structuré sollicité tant par Martine Aubry que François Hollande.

L'ancien ministre des Affaires européennes avait exclu l'idée d'un «ralliement ou d'une abdication», affirmant: «Je ne serai le lieutenant de personne». Pierre Moscovici avait indiqué à l"AFP qu'il choisirait une «alliance en confiance avec celui ou celle qui saura prendre en compte notre exigence de centralité social-démocrate».