Dans la Sarthe, Sarkozy met en scène l'unité de l'exécutif

POLITIQUE Il était reçu par François Fillon au milieu des poulets...

Envoyé spécial à Sablé-sur-Sarthe, Alexandre Sulzer

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Nicolas Sarkozy et François Fillon dans la Sarthe le 28 juin 2011.
Nicolas Sarkozy et François Fillon dans la Sarthe le 28 juin 2011. — WITT/SIPA

Alors que Martine Aubry occupe le devant de la scène médiatique, Nicolas Sarkozy n’entend pas être le dindon de la farce. Direction Sablé-sur-Sarthe, le fief de François Fillon, où il ne s’était jamais rendu et où il a été accueilli par le Premier ministre.

Pour afficher l’unité de l’exécutif au moment où les socialistes pourraient commencer à se déchirer, l’Elysée a choisi le cadre champêtre de la coopérative agricole des fermiers de Loué. La visite commence, sous le regard des 80 journalistes accrédités, par un lâcher de 4.000 poulets en plein air. Au milieu des gallinacés, le Président porte un regard, plein d’amour paternel, sur des poussins entrain de fendre leur coquille. «Y’en a qui s’empêchent de sortir les uns les autres?», s’inquiète-t-il, sans craindre la métaphore politique.

Petite pique en direction de Martine Aubry

Arrive le moment clé de la matinée: celui où les chefs de l’Etat et du gouvernement doivent marcher, côte à côte et complices, au milieu d’un verger aux airs d’affiche de campagne. Les journalistes ont été prévenus: ils ne pourront suivre les deux têtes de l’exécutif lors de cette séquence carte postale.

Un sénateur, appareil photo en bandoulière, s’invite avec le les deux hommes. Il est très vite exfiltré par le chef de cabinet de Matignon. Après avoir trinqué (du jus de pomme) «à la Sarthe», Nicolas Sarkozy se félicite de «la stabilité» qu’incarne à ses yeux le couple exécutif. Et reste de marbre face aux questions des journalistes sur Martine Aubry dont l’annonce de candidature vient de tomber.

Plus tard, lors d’une table-ronde consacrée à la sécurité alimentaire, il la critiquera en creux en attaquant les 35h. «Quand on a dit aux Français de travailler moins (…), on a vu ce que ça a donné.» La visite n’aura finalement pas échappé aux petits coups de bec.