Primaire écologistes: Echanges houleux entre Hulot et Joly

PRESIDENTIELLE A Lille, l'ancienne juge a reproché à l'ex-animateur de caricaturer ses positions...

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Eva Joly et Nicolas Hulot lors du débat de Lille avant la primaire écologiste, le 15 juin 2011.
Eva Joly et Nicolas Hulot lors du débat de Lille avant la primaire écologiste, le 15 juin 2011. — M. LIBERT / 20MINUTES

Eva Joly et Nicolas Hulot se sont pour la première fois affrontés mercredi lors d'un dernier débat plutôt tendu pour la primaire Europe Ecologie-Les Verts, l'ex-juge reprochant à l'ex-animateur de la caricaturer quand il l'a accusée de ne pas respecter ses engagements.

Après  Toulouse, le 6 juin, où l'eurodéputée EELV avait marqué des points puis  Paris le 9, à l'avantage de l'écologiste vedette, la session à Lille  n'a pas permis de départager les deux principaux candidats, au côté de  l'anti-nucléaire Stéphane Lhomme et de l'élu alsacien Henri Stoll. A l'applaudimètre de la première partie du débat, les quelque 400 sympathisants semblaient partagés.

Eva  Joly a d'emblée attaqué Nicolas Hulot: «On m'a accusée de porter une  écologie punitive» lors du débat à Paris. Mais «l'habit ne fait pas le  moine, je suis une femme combative, pas sectaire, déterminée, pas  bornée», a-t-elle déclaré, tout en parlant de son «air sévère» et de son  accent.

«Tu n'as pas compris mes années de lutte»

«Mais  ce soir avant toute chose, je suis une femme étonnée que Nicolas ait  utilisé contre moi (...) les armes de ceux qui veulent une écologie à  genoux et aux ordres des lobbies», «la caricature que tu fais de mes  idées ne donnera à personne l'envie de voter pour moi», «tu n'as pas  compris les années de lutte que j'ai passées à combattre les intérêts  privés des multinationales», a-t-elle lancé.

Soulignant ne pas  vouloir «que l'écologie soit centriste» mais «centrale», la candidate a à  nouveau reproché à M. Hulot «le ticket présidentiel» avec Jean-Louis  Borloo dont il a récemment parlé, donnant ainsi un «brevet de  respectabilité écologique» à «l'ancien ministre de Sarkozy».

Prenant  la parole juste après elle, Nicolas Hulot s'est dit «obligé de sortir  de (sa) réserve». Rappelant les deux repas pris avec Mme Joly avant sa  candidature, il a déclaré: «Il faut que les engagements pris entre  candidats aient un sens si on veut que nos engagements vis-à-vis des  Français aient un sens.»

«Ni moi, ni mon équipe n'avons eu le  moindre propos déplacés sur Eva» qui met «dans ma bouche des propos que  je n'ai pas tenus», a-t-il dit, lançant: «L'écologie de combat, ce n'est  pas l'écologie des coups bas.»

Pour lui, «la pierre angulaire  du programme, c'est bien la justice sociale» et pour que l'écologie  politique soit forte, il faut bien «jeter des passerelles» vers ceux qui  ne sont pas encore convaincus. C'est la première fois que les deux candidats s'affrontaient ainsi directement.

«Il n'y aura pas de faux électeurs»

D'ici  la fin des votes du premier tour (23 juin sur internet, 24 par  courrier), il ne leur reste qu'une semaine pour convaincre. Résultat le  29 juin, avant un deuxième tour jusqu'au 12 juillet si aucun n'obtient  50%. Une chose est sûre: personne ne se risque à un pronostic vu  l'afflux de votants (32.896).

L'équipe Joly a d'ailleurs  interpellé la direction sur environ 8.000 inscrits qui n'ont pas encore  fourni de justificatif d'identité, pouvant faire planer une certaine  «suspicion» sur le vote et de possibles contestations en cas de résultat  serré.

Il n'y aura «pas de faux électeurs», «la procédure est  transparente», a assuré la patronne d'EELV, Cécile Duflot, jugeant  qu'une partie de l'entourage d'Eva Joly était «à côté de la plaque» sur  cette question.

Mais Stéphane Lhomme, farouchement «anti-Hulot»,  s'est engouffré dans la brèche, disant «s'attendre à un coup de force du  clan Hulot par l'intermédiaire d'un vote électronique opaque».

«On  a le cuir tanné», a répondu le porte-parole de Nicolas Hulot, Jean-Paul  Besset, déplorant «cette stratégie» de «la suspicion et du poison du  complot».