Propos de Chirac: Hollande y voit plus que de l'«humour corrézien»

PRESIDENTIELLE Le candidat PS à la primaire considère la déclaration d'intention de vote de Jacques Chirac comme un vrai signe de défiance vis-à-vis de Nicolas Sarkozy...

Avec Reuters

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François Hollande et Jacques Chirac montrent beaucoup de complicité lors d'une exposition consacrée à l'art chinois au Musée de Saran, en Corrèze, samedi 11 juin 2011.
François Hollande et Jacques Chirac montrent beaucoup de complicité lors d'une exposition consacrée à l'art chinois au Musée de Saran, en Corrèze, samedi 11 juin 2011. — AFP PHOTO JEAN-PIERRE MULLER

Une once de vérité derrière l'«humour corrézien»?  La déclaration de l'ancien président Jacques Chirac expliquant qu'il entendait voter pour le socialiste François Hollande en 2012 a plus de sens qu'une plaisanterie, estime l'ex-premier secrétaire du PS.

Cette déclaration, samedi, en Corrèze a suscité des déclarations diverses à droite, où on a pourtant généralement minimisé sa portée en la présentant comme une plaisanterie. Dans un communiqué dimanche signé de Jacques Chirac, il est question «d'humour corrézien».

Dans un entretien que publie mercredi Libération, François Hollande, qui avait lui-même d'abord accrédité cette hypothèse de la blague, rapproche finalement les mots de son ex-adversaire avec ceux qu'il a écrits dans son livre de mémoire, où il fustige certains comportements ou choix politiques de Nicolas Sarkozy.

Hollande compte sur les électeurs de droite déçus

«Je préfère revenir sur ce qu'il a écrit dans son livre, j'imagine après mûre méditation, sur l'atlantisme, le libéralisme et le comportement de son successeur. Là il ne s'agissait pas d'humour corrézien», dit-il.

Il y voit aussi l'expression d'une évidence électorale pour la gauche. «Au-delà de la boutade de Jacques Chirac, si nous voulons gagner en 2012, il faudra bien qu'un certain nombre d'électeurs qui avaient pu voter hier à droite et qui sont aujourd'hui dans le désenchantement choisissent la gauche», dit-il.

«C'est la logique de l'alternance et c'est l'évidence du rassemblement qui avait conduit François Mitterrand à dire qu'il fallait bien des civils pour faire des militaires», ajoute-t-il.

Sarkozy furieux

Nicolas Sarkozy, qui remonte actuellement légèrement dans les sondages d'opinions tout en restant aux alentours de 70% de mécontents, n'a pas réagi officiellement aux propos de son prédécesseur.

Le Canard enchaîné rapporte cependant la fureur du chef de l'Etat actuel envers l'ex-maire de Paris. «C'est un gâteux. Je suis bien mal récompensé de tout ce que j'ai fait pour lui depuis 2007», a dit Nicolas Sarkozy à des proches, selon l'hebdomadaire.

Le chef de l'Etat aurait en particulier relevé qu'il avait poussé l'UMP à prendre en charge en partie le coût des emplois présumés fictifs de la Ville de Paris pour lesquels Jacques Chirac doit encore comparaître en correctionnelle, sans doute en septembre.