Présidentielle 2012: Des «petits» dans la cour des grands

ELECTIONS Les candidatures iconoclastes se multiplient dans la course à l'Elysée, en marge des partis traditionnels...

V. V., I.G, D.B et M.Go.

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Stéphane Guyot et Robert Baud (en haut, à g. et à dr.), Renaud Camus, Maxime Verner et Brigitte Goldberg (en bas, de g. à dr.), candidats à la présidentielle 2012.
Stéphane Guyot et Robert Baud (en haut, à g. et à dr.), Renaud Camus, Maxime Verner et Brigitte Goldberg (en bas, de g. à dr.), candidats à la présidentielle 2012. — SCHEIBER-GELEBART/20MINUTES-WITT-BALTEL/SIPA

Il y a le funky «Rasta Président» qui promet de «libérer les animaux des zoos». La militante transsexuelle Brigitte Goldberg qui prône «le mariage et l’adoption entre personnes du même sexe». Et même le candide Maxime Verner qui publie demain un livre-programme* pour «unir les jeunes de tous les âges».

>> Tous les candidats déclarés à la présidentielle sont en images par ici

A un an de la présidentielle, les candidatures iconoclastes se multiplient en marge des partis traditionnels. 20Minutes dévoile, ci-dessous, les grandes lignes de ces projets.

«Pour leur gloriole personnelle»

Ces candidats ne sont pas les premiers du genre (lire l’encadré). Mais il semble qu’il n’ait jamais été aussi nombreux à se sentir pousser des ailes en politique. «Ce n’est pas qu’anecdotique, pense ainsi François Miquet-Marty, président de l’institut Viavoice. Cela traduit un profond désarroi par rapport à la politique actuelle et un manque de confiance dans les candidats habituels.» Farfelus ou pas, ces «petits» candidats n’ont quasiment aucune chance de recueillir les 500 parrainages indispensables pour se présenter. Et ils en sont conscients. Comme Stéphane Guyot, du parti du Vote blanc. «Même si ça ne marche pas, cela aura permis de faire parler de mes idées.» Une stratégie qui met Jacques Séguéla hors de lui. «Ils font ça pour leur gloriole personnelle, tacle le publicitaire célèbre pour avoir épaulé Mitterrand ou Jospin. La République n’est pas une agence de publicité. Il faut savoir se présenter avec vertu…» Ancien figurant de la série «Dallas», Robert Baud part au combat pour cela: «Je n’ai vraiment rien à envier à ces zozos qu’on voit tout le temps à la télé!»

La jeunesse. Maxime Verner, 21 ans. Président de Jeunes de France.

«Je ne dis pas que je serai président. Mon but est avant tout de faire de la jeunesse une thématique prioritaire pour 2012.» A 21 ans, Maxime Verner sera le plus jeune candidat à la présidentielle. Cet étudiant en communication a déjà élaboré son programme: 89 propositions, comme le service obligatoire pour les moins de 25 ans, la formation gratuite aux permis de conduire pour les jeunes, une prime aux entreprises embauchant en CDI un jeune diplômé... «Ma démarche est politique, mais je ne suis ni de droite, ni de gauche», insiste celui qui a toujours résisté aux tentatives de récupération. «J’ai déjà 80 promesses de parrainages et je compte faire un tour de France cet été pour rencontrer les maires.»

L’acteur. Robert Baud, 62 ans. Président d’Ensemble pour 2012-2017.

Pour lancer sa candidature, Robert Baud avait invité la télé japonaise. Elle n’est pas venue… Ce Toulousain est pourtant connu sur la terre entière. Comédien, il a donné la réplique à De Niro dans Il était une fois en Amérique et tué Jordan, le copain du père de J.R. dans «Dallas» si l’on en croit son CV. Après une expérience malheureuse en 2007, il n’a pas perdu espoir de décrocher un rôle encore plus grand. «C’est un changement à la tête de l’Etat qu’il faut, assène cet homme à la barbichette grisonnante situé entre les Verts et le PS. Je me sens un peu seul, mais je vais continuer le combat.» Et s’il ne parvient pas à trouver 500 parrainages, ce sera pour plus tard. Son parti s’appelle bien Ensemble pour 2012-2017.

Le chevalier blanc. Stéphane Guyot, 42 ans. Président du parti du Vote blanc.

Il n’a pas de programme. Et il le revendique fièrement. Depuis un an, le seul credo de Stéphane Guyot est de faire reconnaître le vote blanc. «Ce n’est pas un appel à la révolution, assure cet agent immobilier
de 42 ans. Nous voulons juste que le peuple puisse s’exprimer.» Jusqu’ici, les votes blancs sont en effet comptabilisés sans distinction avec l’abstention. Stéphane Guyot propose donc de les recueillir sur son propre nom. «Si je suis élu, je m’engage à démissionner dans les cent jours, affirme-t-il sérieusement. On organisera alors de nouvelles élections avec interdiction pour les candidats battus de se représenter.»

L’écrivain Renaud Camus, 64 ans. Président du Parti de l’In-nocence.

Les hommes politiques aiment publier des livres qu’ils n’écrivent pas toujours. Mais, depuis Lamartine et Hugo, rares sont les écrivains à se lancer dans l’arène politique. Renaud Camus est de ceux-là. Ecrivain, il a créé en 2002 le parti de l’In-nocence pour dénoncer les «Nocences» (les nuisances) subies par nos concitoyens. En vue de 2012, il souhaite réhabiliter le civisme, la politesse, la cordialité. «Cette idée simple permet le retour de l’harmonie entre les citoyens», détaille Didier Bourjon, premier secrétaire qui regrette que son parti soit parfois qualifié de réactionnaire. Dans son programme exhaustif, le parti de Camus dénonce pourtant «le caractère multiethnique des sociétés, facteur de violence accrue».

La transsexuelle. Brigitte Goldberg, 50 ans. Présidente d’Avenir-2012.

Entre Simone Veil et Martin Hirsch, ses modèles en politique, elle ne sait lequel choisir. Pourtant, c’est en tant que femme que Brigitte Goldberg a décidé d’annoncer sa candidature. Une transsexuelle en lice pour la présidentielle. Mais attention, prévient-elle: «Ce n’est pas un parti transsexuel, nous ne prétendons pas représenter la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT)dans son ensemble.» Pas de communautarisme donc, mais un programme, somme toute assez classique, basé sur la relance économique. «Nous sommes un parti comme les autres, mais différent», résume Brigitte, qui compte tout de même sur le réseau et le maillage LGBT pour réunir 500 signatures.

* 89 propositions pour 2012 (Max Milo, 220 pages, 18€).

Un défenseur des chiens battus en 1965

Le lundi 22 novembre 1965, les Français découvrent à la télévision «le candidat des chiens battus». Pour la première élection au suffrage universel direct, Marcel Barbu a, en effet, réuni assez de parrainages pour se présenter face au général de Gaulle, François Mitterrand ou Jean Lecanuet.