Ticket Borloo-Villepin pour 2012: «Seule une candidature unique au centre permettrait de passer devant Nicolas Sarkozy»

Propos recueillis par Catherine Fournier

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Dominique de Villepin, alors Premier ministre et Jean-Louis Borloo, alors ministre du Travail, à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) le 31 mai 2006.
Dominique de Villepin, alors Premier ministre et Jean-Louis Borloo, alors ministre du Travail, à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) le 31 mai 2006. — REUTERS/Victor Tonelli

Jean-Louis Borloo et Nicolas Hulot et maintenant Jean-Louis Borloo et Dominique de Villepin. Des rapprochements semblent être à l’œuvre au centre de l’échiquier politique…

Jean-Louis Borloo essaie de créer le maximum de conditions favorables pour son éventuelle candidature à la présidentielle de 2012. Il prend des contacts avec Hulot, Lepage, Villepin… pour fédérer tout cet espace au centre-droit, gaulliste, radical, démocrate-chrétien.

Dominique de Villepin semble accueillir favorablement cette démarche. Mais serait-il prêt selon vous à renoncer à sa candidature?

Le seul argument qui peut le convaincre est que seule une candidature centriste unique permettrait peut-être de passer devant Nicolas Sarkozy au premier tour. Jean-Louis Borloo et Dominique de Villepin sont sur le même créneau, comme alternatives au Président au sein de la majorité. Ces deux candidats peuvent atteindre ensemble 18-20%, mais s’ils se présentent chacun de leur côté, il n’est pas sûr que cela s’additionne. Par ailleurs, la candidature de Dominique de Villepin apparaît trop comme un combat singulier contre Nicolas Sarkozy.

Quid de François Bayrou? Pourrait-il lui aussi se rallier à Jean-Louis Borloo?

Il aurait tactiquement plus d’avantages que d’inconvénients à accepter car il s’est beaucoup déporté en dehors de la majorité, s’éloignant d’une partie de son électorat. Il est comme suspendu dans le vide. Il avait prédit l’éclatement du PS, qui n’a pas eu lieu.

En quoi une candidature centriste unique pourrait pénaliser le PS  justement? La sortie de jeu de DSK ne lui a-t-elle pas fait perdre des voix potentielles au centre ?

Tout va dépendre du candidat qui sera désigné lors des primaires. François Hollande mord plus au centre que Martine Aubry.

Et Nicolas Sarkozy? Cet éventuel ticket Borloo-Villepin pourrait-il jouer en sa faveur, supprimant de fait une candidature…

Le retrait de DSK de la course a rouvert un espace au centre que Nicolas Sarkozy pourrait récupérer au second tour. A condition que le candidat appelle à voter pour lui. Si Marine Le Pen est au second tour, le candidat centriste pourrait faire perdre quelques points précieux au chef de l’Etat. Dans le même temps, Nicolas Sarkozy ne peut pas l’emporter dans un duel droite-gauche sans les voix centristes. Au final, le morcellement des candidatures au centre le favorise peut-être davantage car aucun candidat ne serait suffisamment crédible pour atteindre le second tour. Mieux vaut trop d'ennemis qu’un seul grand rival à l’intérieur de la majorité.