Présidentielle 2012: Mélenchon sera le candidat du Front de Gauche

POLITIQUE Il a été choisi ce dimanche par les délégués PCF...

avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon à la Fête de la fraternité, le 18 septembre 2010 à Arcueil.
Jean-Luc Mélenchon à la Fête de la fraternité, le 18 septembre 2010 à Arcueil. — Gonzalo Fuentes / Reuters

Ce sera Jean-Luc Mélenchon. Les délégués du PCF, réunis en Conférence nationale, ont choisi ce dimanche à 63,6% des voix d'accorder l'investiture du Front de gauche à Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle de 2012 en échange de la majorité des circonscriptions aux législatives. Cette proposition de candidature des 800 délégués réunis à Montreuil (Seine-Saint-Denis) devra toutefois être soumise du 16 au 18 juin au vote final des militants communistes. Ils devront départager trois candidats.

Le co-président du Parti de Gauche intronisé, le PCF, qui a recueilli jusqu'à un quart des suffrages exprimés aux débuts de la Ve République, n'aura pas de candidat spécifiquement communiste pour la première fois depuis 1974, année où François Mitterrand était candidat unique de la gauche.

Trois noms au total

Alors que ce n'était pas prévu initialement, la conférence nationale a proposé que le bulletin de vote comporte les noms des autres candidats déclarés, soit trois au total: l'ex-socialiste Jean-Luc Mélenchon, le député du Puy-de-Dôme André Chassaigne et le responsable d'une section parisienne, Emmanuel Dang Tran. Des primaires qui ne disent pas leur nom. Le principe de faire figurer sur le bulletin de vote plusieurs candidats a recueilli 79,91% des voix contre 20,09%.

«Nous sommes attachés à ce que chaque communiste puisse s'exprimer avec l'ensemble des options qui ont été portées dans le débat. Le bulletin de vote comportera donc toutes les candidatures déclarées et leurs motivations», explique le texte de la résolution adoptée. Un quatrième candidat, André Gerin, député PCF du Rhône, a annoncé dimanche qu'il retirait sa candidature, peu avant un vote des délégués.

La direction du PCF avait de longue date choisi l'option Mélenchon

L'intronisation du député européen dépend d'un accord global entre le PCF et le Parti de gauche (PG) autour d'un programme commun et de la répartition des candidatures aux législatives, toujours en négociation. «Si les conditions d'un accord politique sont réunies, les communistes sont prêts à faire le geste de désigner» Jean-Luc Mélenchon comme candidat à la présidentielle, avait dit vendredi le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, sur RTL. Des conditions qui ont, semble-t-il, été réunies ce dimanche.

La direction du parti, traumatisée par le score de Marie-George Buffet (1,93%) à la présidentielle de 2007, avait de longue date choisi l'option Mélenchon. «Il y a une crainte obsessionnelle des communistes d'avoir un résultat catastrophique qui enterrerait le parti. Il y a aussi une peur de casser le Front de gauche», explique le député PCF André Chassaigne dans Libération.