L'UMP mobilise ses troupes pour 2012

PRÉSIDENTIELLE e parti majoritaire tenait un Conseil national à Paris...

E.M. avec Reuters

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Le Premier ministre François Fillon et le patron de l'UMP, Jean-François Copé, à la Convention nationale du parti majoritaire le 28 mai 2011 à Paris.
Le Premier ministre François Fillon et le patron de l'UMP, Jean-François Copé, à la Convention nationale du parti majoritaire le 28 mai 2011 à Paris. — WITT/SIPA

François Fillon et les dirigeants de l'UMP ont sonné samedi la charge contre un Parti socialiste en proie aux affres de l'affaire Strauss-Kahn et privé d'un de ses espoirs pour l'élection présidentielle de 2012.

Election présidentielle

A un an de cette échéance, le parti du président Nicolas Sarkozy, à la traîne dans les sondages, tenait un Conseil national aux portes de Paris, tandis que le PS était réuni non loin de là en convention pour approuver son programme présidentiel.

«A l'heure où les socialistes se trouvent dans l'obligation de ravaler toutes les leçons de morale qu'ils n'ont cessé de nous adresser, l'UMP débat, l'UMP réfléchit, l'UMP concentre ses forces», a lancé de la tribune le Premier ministre.

Affaire DSK

François Fillon faisait allusion à la mise en cause aux Etats-Unis de l'ex-ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn dans une affaire de crime sexuel et à sa démission forcée de la direction générale du Fonds monétaire international (FMI).

L'élimination prématurée de celui qui était jusque-là le favori des sondages, a fait souffler un vent d'optimisme sur une majorité de droite en proie au doute.

Les accusations d'abus sexuels lancées par deux femmes contre le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, qui crie à la calomnie mais qui paraît en sursis, ont terni ce regain d'espoir.

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, y a fait brièvement et indirectement allusion pour s'en prendre, là encore, aux dirigeants socialistes : La présomption d'innocence «est à mes yeux un principe essentiel, qu'il s'agisse d'un directeur général du FMI, d'un ministre du gouvernement comme de n'importe quel citoyen.»

Affaire Woerth

«Les socialistes le défendent avec force lorsqu'il s'agit de Dominique Strauss-Kahn. Nous l'avons fait aussi d'ailleurs», a-t-il poursuivi. «Mais pourquoi alors ont-ils jeté aux chiens l'honneur d'Eric Woerth et de Michèle Alliot-Marie

Ces deux ministres du gouvernement de François Fillon ont dû démissionner, le premier en novembre 2010 sous l'accusation de conflit d'intérêts, la seconde en février dernier à la suite d'un voyage contesté en Tunisie.

François Fillon, Jean-François Copé et l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ont lancé d'une même voix un appel à la mobilisation et à l'unité de l'UMP et de la majorité.

"Nous ne devons pas céder aux sirènes de la division", a déclaré le Premier ministre. Il a exhorté à la discipline les députés de la majorité, dont la récente fronde contre la suppression des panneaux de signalisation des radars anti-excès de vitesse a de nouveau mis le gouvernement dans l'embarras.

Les mêmes orateurs ont déploré la décision des centristes, sous la houlette des ex-ministres Jean-Louis Borloo et Hervé Morin, de présenter un candidat à l'élection présidentielle.

«Je le dis à ceux de nos amis radicaux ou centristes qui sont tentés par les délices de la division : c'est une stratégie perdante», a ainsi dit le Premier ministre. Ceux qui quitteront l'UMP comme le président du Parti radical Jean-Louis Borloo «devront assumer les conséquences de leur choix», a pour sa part menacé Jean-François Copé.

Projet du PS

Pour François Fillon, le projet du PS «anesthésierait» la France et il n'y a «entre le conservatisme socialiste et l'extrémisme populiste» que la majorité présidentielle.

Il a estimé que la crédibilité de Nicolas Sarkozy, gagnée notamment, selon lui, dans la gestion de la crise financière et économique de 2008-2009, «pèsera lourd dans le choix des Français» face aux «propositions irréalistes» du PS.