Copé réunit ses troupes, à un an d'une présidentielle minée par des affaires

© 2011 AFP

— 

Jean-François Copé réunit samedi à Paris le conseil national de l'UMP pour faire un "point d'étape", six mois après son intronisation à la tête du parti, et à un an d'une élection présidentielle déjà minée par des affaires.

"C'est un conseil national très important", à un an d'une élection "historique" qui sera le rendez-vous des "choix stratégiques pour la France de demain", clame le chef de l'UMP.

Pendant la parenthèse de l'affaire Dominique Strauss-Kahn qui a mis à terre le grand favori des sondages pour 2012, son parti s'est astreint -sur ordre de l'Elysée- à la "retenue" dans ses commentaires.

Mais deux semaines après le séisme politique déclenché par l'arrestation de l'ex-directeur général du FMI, M. Copé entend reprendre l'initiative pour "passer à la vitesse supérieure".

L'UMP a ainsi tourné la page DSK en saluant à l'unisson mercredi la candidature de Christine Lagarde à sa succession à la tête du FMI, restant sourde aux mises en garde notamment de Ségolène Royal ou Marine Le Pen, contre le risque d'un nouveau scandale.

Les deux opposantes invoquent la menace d'une enquête de la Cour de justice de la République (CJR) pesant sur la candidature de la ministre de l'Economie pour sa gestion du règlement de l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais.

Mais alors que Mme Lagarde se dit "confiante" dans ce dossier, les démêlées judiciaires d'un autre membre du gouvernement, Georges Tron, cible de deux plaintes pour harcèlement sexuel, pourraient assombrir le raout UMP de samedi.

M. Copé, lui, affiche un volontarisme et une hyperactivité sans faille.

Loin "des polémiques parfois violentes, ici ou là, nous, on continue notre travail. Et notre travail c'est la préparation du projet présidentiel", disait-il récemment aux militants.

Sa feuille de route pour 2012 tient en une formule: "conserver ce qui vaut, réformer ce qu'il faut".

Déterminé à occuper tout le terrain, le secrétaire général qui avait promis "du débat, matin, midi et soir", a livré un calendrier chargé de conventions avant l'été, dont certaines promettent d'être animées.

Le 8 juin, ce sera la "justice sociale et le RSA", le 14 la "ruralité", le 21 "la place des femmes dans la société", le 28 le "numérique dans le prolongement du e-G8". Même cadence en juillet, avec la "refondation sociale, les 35H, et la TVA sociale" le 5, "l'immigration" le 7, et la "défense" le 12.

M. Copé veut aussi "mieux connaître" les adhérents fidèles, ou perdus depuis 2007, et a chargé l'institut Ipsos de préparer un questionnaire (400.000 exemplaires) pour début juin, afin de profiler les militants et cerner leurs attentes.

Un bon millier de cadres et d'élus est attendu samedi, Porte de Versailles, là même où l'UMP avait investi son candidat, Nicolas Sarkozy, en janvier 2007.

La journée sera clôturée, selon l'usage, par le Premier ministre.

Lors du dernier conseil national en décembre, François Fillon -alors fraîchement reconduit à son poste avec le soutien quasi unanime des députés UMP- avait volé la vedette à son rival, M. Copé.

Six mois plus tard, il a vu le fossé se creuser avec une partie des troupes, lasse de la petite musique jouée à Matignon sur les 35 heures, les consignes de vote face au FN aux cantonales, la laïcité, ou le RSA.

La dernière polémique en date, sur les radars routiers, a d'ailleurs fourni l'occasion à M. Copé de prendre de la hauteur, et de savourer son nouveau rôle d'arbitre rassembleur entre chef du gouvernement et députés. "J'en appelle à l'apaisement. Il nous faut traiter d'autres sujets très importants", leur a-t-il dit.