Affaire DSK: Strauss-Kahn serait-il déjà éliminé de la primaire socialiste et de la présidentielle?

POLITIQUE C'est en tout cas l'avis d'un de ses biographes, le journaliste Philippe Martinat...

M.P. avec Reuters
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Dominique Strauss-kahn, lors du sommet du G20 le 5 novembre 2010.
Dominique Strauss-kahn, lors du sommet du G20 le 5 novembre 2010. — AFP

Le coup est-il déjà fatal? Ses proches espèrent encore que l’affaire DSK pourra se dénouer et que leur champion pourra éviter la prison et se présenter à la primaire socialiste. Mais pour Philippe Martinat, auteur de DSK-Sarkozy: le duel, c’est fini. «Je pense qu'il est définitivement sorti de la route pour la primaire socialiste et pour la présidentielle», a-t-il déclaré dimanche le journaliste à Reuters TV.

Aux yeux du journaliste au Parisien, Dominique Strauss-Kahn «a peut-être des chances de s'en sortir sur le plan judiciaire, mais cette histoire l'a durablement plombé par rapport à la présidentielle socialiste». «On n'imagine pas que cette histoire se résolve en quelques jours. Elle va porter atteinte durablement à son image, elle a fait remonter des histoires anciennes», a-t-il souligné.                   

Et avec son meilleur atout écarté du jeu, le PS va devoir faire preuve de sagesse et devrait même revenir sur le processus des primaires afin d’éviter un «scénario catastrophe» , estime Philippe Martinat. «Si primaire socialiste il y a, parce qu'on peut se poser la question de savoir s'ils vont la maintenir», elle devra se passer «dans des conditions honorables et faire émerger un champion en le mettant sur une bonne trajectoire» pour préserver les chances de la gauche de revenir aux commandes de la France.

Et si Fabius y allait?

Dans le cas contraire, le journaliste prédit un «scénario catastrophe: les socialistes sont incapables de s'entendre entre eux, chacun part de son côté, revendique la candidature, et là c'est la défaite assurée». Dans sa première réaction à l'annonce de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn, la premier secrétaire du PS, Martine Aubry, a prôné l'unité de son camp.

Si primaire il y a, «ça se jouera plutôt entre François Hollande et Martine Aubry», dit Philippe Martinat, qui n'exclut pas toutefois l'émergence de nouvelles candidatures telles que celle de l'ancien Premier ministre Laurent Fabius. On peut aussi imaginer que Benoît Hamon, représentant de l’aile gauche du parti, se lance. 

 Comme la plupart des analystes, Philippe Martinat considère l'inculpation de Dominique Strauss-Kahn comme un «bouleversement total» dans le paysage de l'avant-présidentielle en France. «Dominique Strauss-Kahn écrasait jusque là la primaire socialiste, même si François Hollande commençait à remonter un petit peu, on peut penser que son entrée en campagne officielle aurait mis tout le monde d'accord», a-t-il estimé.