Présidentielle 2012: Chevènement candidat pour «le bien» du PS

POLITIQUE Une candidature jugée «possible mais pas certaine» au PS, qui va d'ailleurs ouvrir des discussions avec le MRC...

Maud Pierron
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Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010, lors de la Fête de la rose organisée par le socialiste Arnaud Montebourg à Frangy-en-Bresse.
Jean-Pierre Chevènement, le 22 août 2010, lors de la Fête de la rose organisée par le socialiste Arnaud Montebourg à Frangy-en-Bresse. — J. PACHOUD / AFP

Et un candidat de plus! Jean-Pierre Chevènement a confirmé ce mercredi sa candidature à l’élection présidentielle. Le président d’honneur du MRC, âgé de 72 ans, a l’intention de «faire bouger les lignes», a-t-il expliqué sur Europe 1 ce mercredi. Le sénateur du Territoire de Belfort avait pris sa part dans la défaite de la gauche à l'élection présidentielle de 2002 en se présentant malgré la candidature du socialiste Lionel Jospin, éliminé au premier tour. Jean-Pierre Chevènement avait recueilli 5,3% des voix.

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Malgré ce passif, l’ancien ministre de l’Intérieur de Lionel Jospin a assuré que «les socialistes auraient tort d'avoir peur» de sa candidature. «Je veux leur bien, je souhaite qu'ils se mettent à la hauteur de la situation», a-t-il souligné.

Tacles à DSK

En creux, il a fait comprendre que sa candidature s’opposait à celle probable à son sens de Dominique Strauss-Kahn. «Le problème est de savoir si Dominique Strauss-Kahn est capable de revenir sur le corps d'idées que je lui connais bien», a-t-il expliqué. «Je respecte Dominique Strauss-Kahn, qui est un homme intelligent, qui a beaucoup de qualités, mais en même temps, sa vision de l'Europe comme une nation à construire me paraît irréaliste», a-t-il poursuivi. Jean-Pierre Chevènement s'est également interrogé sur «sa conception économique telle qu'on la voit se manifester à travers des plans d'ajustement extrêmement sévères».

La nouvelle de cette candidature ne devrait pas réjouir la rue de Solferino. «Je constate mais cette déclaration ne m’étonne pas», a expliqué à 20 Minutes François Lamy, le bras droit de Martine Aubry. La première secrétaire avait indiqué à quelques journalistes la semaine dernière que des rencontres PS-MRC auraient bientôt lieu pour parler d’un accord législatif et programmatique. Une première rencontre avec Jean-Luc Laurent, le président du MRC a même déjà eu lieu. «On a répété que notre but, c’est que 2002 ne se reproduise pas et que la multiplicité des candidatures n’empêche pas la gauche de gagner», explique le député de l’Essonne. Pour lui, la candidature de Chevènement est «possible mais pas certaine». La première réunion de ce groupe de travail devrait aboutir à une première réunion à la fin du mois de mai. Ce groupe de travail devrait aboutir à une première réunion d’ici à la fin du mois. Une manière pour l'ancien ministe de Jospin de mettre la pression? «Je n'interprète pas», lâche François Lamy, qui conclut: «L’objectif de Martine Aubry, cela reste de rassembler la gauche au maximum pour pouvoir gagner». Reste à savoir quel socialiste tirera parti de ce travail.