François Hollande parmi les siens

POLITIQUE Qui sont les militants pro-Hollande du PS?...

Matthieu Goar

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François Hollande présente son programme lors de son premier meeting de campagne à Clichy-la-Garenne, mercredi 27 avril 2011
François Hollande présente son programme lors de son premier meeting de campagne à Clichy-la-Garenne, mercredi 27 avril 2011 — FACELLY/SIPA

Théâtre Ruteboeuf de Clichy-la-Garenne. Très loin de Real-Barcelone donc. François Hollande, affûté, se chauffe.«Il est dans les loges et resortira dans la rue pour refaire son entrée devant tout le monde», explique un proche au milieu des caméras et des photographes.

Le candidat a donc fait le tour, est entré à 19h50 au son de Yannick Noah, a savouré les applaudissements en agitant la main puis s’est assis pour déguster les paroles des chauffeurs de salle, son lieutenant Stéphane Le Foll en tête. Avant de monter sur scène. «Je suis engagé sur un chemin long où vous m’accompagnez. Ne vous méprenez pas, il y aura de nombreuses étapes», lâche-t-il entrée.

La salle ronronne. Jusqu'au balcones, 600 places sont occupées. Derrière, on se serre debout. Le premier meeting de campagne de François, comme on l’appelle ici, a fait le plein de spectateurs. Leur point commun? D’abord l’anti-sarkozysme chevillé au corps. «Je ne sais pas pour qui je vais voter entre pour les primaires, explique Thierry, militant associatif de Neuilly. Mais je sais qu’il y a beaucoup de désespérance dans ce pays. N’importe quel candidat de gauche doit passer en 2012.»

Pas un mot sur ses adversaires

Heureux que la campagne précoce de Hollande leur offre une occasion de se rassembler, les militants et sympathisants des Hauts-de-Seine sont  nombreux. A réécrire le passé. «On aurait dû gagner en 2007, si l'on avait su se réunir avant le second tour. La prochaine est pour nous», croit Oumar.  Au devant, le candidat tempère. «Il faut avoir conscience que les sondages n’indiquent pas le résultat de l’élection», avant de piquer lui aussi l’ancien maire de Neuilly, une commune voisine, aujourd’hui à l’Elysée. «Avoir un président qui maîtrise ses nerfs, qui évite les foucades, les caprices et la confusion des genres, ce serait déjà beaucoup», glisse l’apôtre de la présidence normal.

OK, mais avant de conquérir l’Elysée, il faudra remporter la bataille fraternelle des primaires. Et les Hollandais (Hollandistes?, Hollandiens?) s’affirment. Parce qu’ils aiment le bonhomme. «Il a un contact humain que les autres n’ont pas. Il est du genre à se souvenir du prénom du petit dernier. Contrairement à elle ou à Sarkozy, il n’a pas une revanche à reprendre, on le sent équilibré», glisse Clothilde, militante de la section du 6e arrondissement qui a lâché Ségolène Royal l’année dernière, «parce que je ne sentais plus la personne ».

En filigrane perce ainsi parfois le portrait en négatif de Strauss-Kahn dont le nom revient en boucle.  «Il a les pieds dans la France», explique un jeune militant.  «Si Dominique Strauss-Kahn revient et est élu, il aura autour de lui un aréopage de conseillers anglo-saxons trop libéraux», renchérit un quadragénaire, la langue beaucoup plus déliée que Hollande. En plus d’une heure de discours, le candidat n’a jamais parlé de ses adversaires aux primaires.