PS: Pas de «fatwa» contre Hollande mais…

Maud Pierron

— 

François Hollande, lors de l'annonce de sa candidature aux primaires socialistes, le 31 mars 2011 à Tulle en Corrèze.
François Hollande, lors de l'annonce de sa candidature aux primaires socialistes, le 31 mars 2011 à Tulle en Corrèze. — REUTERS/Regis Duvignau

«Personne n’a envie ni besoin de déclencher une fatwa contre François [Hollande]». C’est Jean-Christophe Cambadélis, l’un des porte-flingues de Dominique Straussk-Kahn qui l’affirme dans une note parue ce mercredi sur son blog intitulée «Il n’y a pas de problème Hollande mais un problème de timing». Un besoin, sûrement, de se justifier après les nombreuses attaques essuyées ces derniers jours par François Hollande de la part des strauss-kahniens.

C’est que l’ex- premier secrétaire, candidat officiel aux primaires sur le même terrain que DSK, celui du réformisme, agace les partisans du patron du FMI. Il ne cesse de progresser dans les sondages et sa candidature prend de plus en plus d’épaisseur. Il change même de braquet en tenant ce mercredi soir, son premier meeting de campagne à Clichy-la-Garenne, pour expliquer son «rêve français» devant quelque 600 personnes. Face à cette menace pour leur champion, à qui ils rêvent, eux, de préparer une piste d’atterrissage dégagée pour les primaires, les strauss-kahniens, haussent le ton contre Hollande, voire font pressions sur certains de ses soutiens.

>> Retrouvez ici les principales mesures de François Hollande dévoilées dans 20 Minutes

«Il n’y a pas, il n’y aura pas de match DSK-Hollande (…). Le problème est ailleurs. C’est le match contre Sarkozy et Madame Le Pen. Pour cela le PS a besoin d’attractivité et d’unité», maintient Jean-Christophe Cambadélis sur son blog, accusant en creux Hollande de vouloir briser l’unité pourtant indispensable à la victoire du PS. «Cela passe par crédibiliser le projet pendant ce mois de mai et non par se disperser. Il faut respecter les temps en politique. C’est plus grave qu’en conjugaison. Après que chacun prenne ses responsabilités et que le meilleur gagne», maintient le député de Paris.

Rue de Solférino, on regarde cette passe d’arme avec circonspection. Martine Aubry, en tant que première secrétaire, a toutefois tenté de calmer le jeu. «Chacun a le droit d’être candidat», a-t-elle rappelé mercredi à quelques journalistes. «Je ne laisserai pas attaquer quelqu’un sur sa candidature», a-t-elle ajouté. Est-il «trop tôt» pour tenir meeting comme le soutiennent les strauss-kahiens?  «Ça ne me dérange absolument pas. Tout le monde a droit de faire un meeting. Chacun sera ensuite jugé par les électeurs» sur la manière dont il a travaillé à l’unité du PS, insiste Martine Aubry. Mais «François a voté le projet, je ne peux pas imaginer qu’il ne le défende pas», a-t-elle conclu, rappelant par là son prédécesseur à la tête du PS à ses responsabilités.