Présidentielle 2012: «Les candidats cherchent à occuper l'espace médiatique»

INTERVIEW L'analyse de Jérôme Sainte-Marie, directeur du département politique de l'institut CSA...

Recueilli par M. Go.

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Jérôme Sainte-Marie, du CSA.
Jérôme Sainte-Marie, du CSA. — IBO / SIPA

Etes-vous étonné du nombre de candidatures déjà annoncées?

Mon étonnement est triple. Il y a d'abord beaucoup de monde à se lancer. Ils le font au même moment. Et sans nécessité absolue. Ces candidatures se font sur le même espace, c'est-à-dire dans un marais situé au centre du jeu politique. Je ne parlerai pas de centrisme car il y a une réalité politique derrière l'idée du centre. Dans ces candidatures, il y a de tout, du gaullisme social, de l'écologie, du centre, etc. Leur point commun est surtout d'occuper l'espace entre Nicolas Sarkozy et le futur candidat socialiste. Cela tient beaucoup à l'affaissement de l'UMP. Borloo, Morin, Villepin, et peut-être même Hulot se lancent principalement pour cette raison-là.

Comment expliquez-vous le timing très précoce de ces annonces?

Ils veulent tous occuper l'espace médiatique et la disponibilité du cerveau des Français. En ce moment, la campagne du PS est, de fait, gelée car le principal candidat, Dominique Strauss-Kahn, ne s'est pas lancé. La droite est dans la même situation, Sarkozy étant le candidat naturel. Ces candidats essayent donc d'exister et pour cela, il faut être le numéro 1 pour préempter l'espace.

Cet espace est-il assez large pour héberger autant de monde?

Tout le monde sait que non. Cet espace doit représenter 15% de l'espace politique. Ils ne peuvent pas se présenter à cinq pour réaliser entre 2 et 3% des suffrages. Surtout que la présence de François Bayrou en 2012 paraît inéluctable et que l'arrivée de DSK pourrait rebattre les cartes. Finalement, j'ai tendance à penser que ces candidatures font beaucoup plus de bruit qu'elles n'ont d'importance politique.