Présidentielle 2012: Déjà une foule de candidats

ELECTIONS Les prétendants se bousculent. Jusqu'à l'overdose?

Matthieu Goar

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Dominique de Villepin, lors de la présentation officielle de son programme, hier.
Dominique de Villepin, lors de la présentation officielle de son programme, hier. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Et deux de plus. Avec la candidature de Nicolas Hulot et l'annonce du programme de Dominique de Villepin, ils sont une dizaine à ne plus cacher leurs ambitions pour 2012. Certains officiellement comme les socialistes Arnaud Montebourg, Ségolène Royal ou François Hollande, les écologistes Eva Joly, Nicolas Hulot, ou la frontiste Marine Le Pen.

D'autres ne trompent personne comme Jean-Luc Mélenchon, Dominique de Villepin, Jean-Louis Borloo… Une prolifération digne de la «saison des champignons», selon François Bayrou interrogé sur RTL.

Se tester dans l'opinion

Du jamais vu en tout cas à plus d'un an du premier tour de la présidentielle. En 2006, les Verts avaient été les plus précoces en désignant Dominique Voynet en mai et les socialistes prétendants à l'investiture (DSK, Royal et Fabius) avaient attendu l'automne pour se dévoiler, à moins d'un mois des primaires.

«Le quinquennat conjugué à l'hyperprésidence de Nicolas Sarkozy a mis encore un peu plus cette élection au cœur du jeu politique, analyse Rémi Lefebvre, politologue. Le système des primaires allonge également le temps de la présidentielle.»

L'indécision de Dominique Strauss-Kahn et l'affaiblissement de l'UMP, qui voit fuir certaines figures du centre-droit, ouvrent un boulevard au centre. Une autoroute idéale pour exprimer leurs idées, mais aussi pour se positionner. «Toutes [les candidatures] n'iront pas jusqu'au bout. C'est normal que des outsiders partent tôt pour se faire connaître. D'autres vont se tester, puis les sondages vont organiser une primaire de fait», analyse Etienne Pinte, député de la majorité. «Ça ne leur coûte rien d'essayer pour voir si ça prend dans l'opinion», conclut Rémi Lefebvre. Et si ça ne prend pas, il sera toujours temps de négocier son retrait.