Présidentielle: Le projet socialiste critiqué à droite comme à gauche

POLITIQUE Le côté recyclage de certaines propositions est visé...

M.P.

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Martine Aubry au siège du Parti socialiste, à Paris, le soir du second tour des cantonales, le 27 mars 2011.
Martine Aubry au siège du Parti socialiste, à Paris, le soir du second tour des cantonales, le 27 mars 2011. — M. BUREAU / AFP

Si au PS, une fois n’est pas coutume, il y a consensus officiel autour du projet du parti, présenté au conseil politique ce lundi et en bureau national ce mardi, l’UMP et le Parti de gauche n’ont pas manqué de critiquer la vingtaine de propositions déjà sorties dans la presse.

>> Les propositions du PS sont à retrouver ici

C’est principalement le projet des 300.000 emplois d’avenir, sur le modèle des emplois jeunes, qui est visé. «Qu'a fait la jeunesse à Martine Aubry pour mériter les recettes du passé qui ont échoué?», demande dans un communiqué Benjamin Lancar, patron des Jeunes Pops «scandalisés» par cette annonce et cette «vision infantilisante».

Les éléments de langage ont largement été popularisés au sein de l’UMP puisque la députée proche de François Fillon, Valérie Rosso-Debord, parle, elle, de «retour vers le passé». «Emplois jeunes relookés emploi d'avenir, CV anonyme, allocation autonomie pour les jeunes... Décidément le parti socialiste qui peine à gagner en crédibilité n'a pas intégré que ce n'est pas avec les recettes éculées du siècle passé que nous répondrons aux défis du XXIe siècle...»

Rétro ou pas rétro ?

«Lionel Jospin est de retour au PS si l’on en juge le projet dévoilé par son ancienne ministre, Martine Aubry», a raillé, toujours par communiqué, le député Lionnel Luca, ciblant lui aussi les emplois jeunes et l’embauche prévue de fonctionnaires. «A peine né, le projet socialiste est déjà dépassé, c'est inquiétant sur la capacité des socialistes à construire l'avenir de notre pays», a réagi de son côté Valérie Pécresse. Luc Chatel, lui, y est allé de son bon mot sur I-Télé: «Pendant des mois, Mme Aubry nous a expliqué que son concept c’était la société du “care”, la protection. Eh bien là, on est un peu passé du “care” à l’antiquaire». Et d’insister: «On ressort des placards des mesures qui pour certaines datent de 1965: l’allocation autonomie» ou «les emplois jeunes, qui datent de 1997».

Même le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon s’y est mis: le projet n’est «ni socialiste ni réaliste». «Ce programme recycle des promesses anciennes mais ne propose pas de réponses à la hauteur de la crise actuelle», explique le parti dans un communiqué, pour qui c’est «un programme FMI-compatible».

En réponse à ces critiques, le PS assume. «Il ne vous a pas échappé que nous n'avons pas été au pouvoir depuis longtemps», a expliqué Benoît Hamon lundi lors de son point presse. «En quoi ce serait rétro de faire quelque chose qui n'a pas encore été fait?», a-t-il demandé.