François Hollande sur la route de la présidentielle

POLITIQUE L'ex-premier secrétaire du PS s’est déclaré officiellement ce jeudi à Tulle...

Maud Pierron, envoyée spéciale à Tulle

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François Hollande, lors de l'annonce de sa candidature aux primaires socialistes, le 31 mars 2011 à Tulle en Corrèze.
François Hollande, lors de l'annonce de sa candidature aux primaires socialistes, le 31 mars 2011 à Tulle en Corrèze. — REUTERS/Regis Duvignau

De notre envoyée spéciale à Tulle

La Corrèze, une terre de président de la République? «La preuve en sera peut-être donnée, qui le sait», répond, en connaisseuse, Bernadette Chirac. Elle vient d’adouber, en tant que doyenne de l’Assemblée, François Hollande à la présidence du Conseil général. Et déjà, le socialiste a filé. Pour travailler son discours. Le discours. Celui de sa candidature, qu’il peaufine depuis le matin. Stressé? «A peine», a-t-il répondu, entouré d’une nuée de journalistes. 

«Qu’on ne me fasse pas la leçon»

Serein, il prend le temps de recevoir quelques journalistes dans son bureau. Sa candidature? «Une évidence». Une  pression particulière avant le moment fatidique? «Aucune». Et les pressions des proches de DSK qui lui demandent de se retirer? «Je le prends comme un hommage», plaisante-t-il. Bientôt quatrième candidat aux primaires socialistes, et plutôt dans le trio de tête pour les sondages, il se voit un atout: sa liberté, avec laquelle il balaie les critiques sur le timing choisi pour se déclarer. «Je n’ai pas de contrainte, je ne suis pas au FMI. Je ne suis pas premier secrétaire». Alors pourquoi patienterait-il encore? «Je ne fais pas la leçon aux autres, je demande à ce qu’on ne me la fasse pas», prévient-il. «Si je n’avais pas la conviction que je peux gagner les primaires, je n’y serai pas».     

C’est pourtant le sourire un peu crispé qu’il se présente, à 14h15, devant les militants et les élus de Corrèze, réunis à l’hôtel départemental, dans la salle prestige. Des acclamations l’accueillent. Il se range derrière son pupitre, jette un oeil sur son discours et se lance dans un hommage à la Corrèze et aux Corréziens. «Comment pouvais-je prétendre à la plus haute responsabilité du pays si je n’avais pas la confiance de ceux qui me connaissent», demande-t-il. «Alors désormais, c’est de la France dont il s’agit.» Une France où «les divisions» sont «sciemment entretenues», où règnent «l’injustice» et «la souffrance».

«Mettre la France en avant»

 

Cette France, «le moment est venu de la mettre en avant», martèle-t-il, en faisant «le pari de la jeunesse», «le choix de la justice sociale et fiscale» et en voulant «réconcilier, rassembler autour des principes républicains». «C’est la raison pour laquelle, ici à Tulle mes amis, j’ai décidé de présenter ma candidature à la présidentielle à travers la primaire». La phrase est lâchée. Pas le temps d’embrayer, la claque part dans la salle, des «François président» fusent. Il sourit. La pression retombe. Le nouveau candidat à la primaire peur reprendre: il faut être «capable de donner à la France la fierté qu’elle mérite et aux Français la confiance qu’ils attendent», conclut-il sous les vivats d’une salle chauffée à blanc.

François Hollande apprécie son moment. Au centre de la salle, il salue «ses amis» de la main, fait la bise à un militant, à un élu. Puis s’éclipse en voiture, direction Paris, pour le 20 heures de France 2. Quinze minutes, en tout, pour la déclaration de sa vie. C’est qu’après les Corréziens, c’est aux Français qu’il veut montrer ses nouveaux habits de candidats.