Marine Le Pen veut un «pôle de rassemblement» en 2012

POLITIQUE Elle veut faire du FN un parti à «vocation majoritaire»...

Avec Reuters

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La présidente du Front national Marine Le Pen rencontre la presse après sa visite du centre de rétention de clandestins sur l'île italienne de Lampedusa, le 14 mars 2011.
La présidente du Front national Marine Le Pen rencontre la presse après sa visite du centre de rétention de clandestins sur l'île italienne de Lampedusa, le 14 mars 2011. — AP Photo/Antonello Nusca

D’un parti de protestation, Marine Le Pen veut faire du FN un parti majoritaire. Dans cette optique, lors des législatives de 2012, les candidats frontistes abandonneront l’étiquette Front national pour celle d’un rassemblement, explique-t-elle dans un entretien à Reuters.  Ce sera une nouvelle étape en vue de la transformation du Front national en partie de gouvernement. Cette mutation, dont l'ampleur dépendra de la performance de la présidente du FN en 2012, s'opérera «dans l'esprit» de la campagne présidentielle, a précisé la présidente du FN.

Elle se présentera à la présidentielle de 2012 en son nom, dans un «rapport direct» avec les Français, comme le veut la tradition sous la Ve République. «Si nous faisons une présidentielle très positive, l'objectif est d'organiser pour les législatives un pôle de rassemblement à vocation majoritaire», dit-elle. «Il s'agit de transformer le Front national en parti majoritaire. Il va être temps», ajoute-t-elle.

«Nous sommes un parti totalement républicain»

Le rassemblement ne s’appuiera sur une alliance avec l’UMP ou d’autres partis, mais sur des individualités. «On est bien conscients qu'on aura besoin de rassembler tous les patriotes de droite ou de gauche», explique celle qui a dans son entourage d’anciens proches de Jean-Pierre Chevènement. Marine Le Pen rappelle que son parti avait déjà expérimenté cette idée de rassemblement en 1986, lorsqu'il avait obtenu près de 10% des voix aux législatives, ce qui lui avait permis de constituer un groupe parlementaire de 35 députés, à l'égal du Parti communiste.

«Nous sommes un parti totalement républicain», insiste-t-elle, soulignant que le ministère de l'Intérieur lui-même ne classe pas le FN à l'extrême droite. Elle affirme d’ailleurs qu'un «certain nombre» de candidats a fait appel au FN pour être élus au second tour des élections cantonales dimanche prochain et que ceux qui étaient de l'UMP se sont vus opposer un refus.

En revanche, la réponse a été positive «pour un certain nombre de candidats divers droite qui se sont toujours correctement tenus à l'égard du Front national, qui font du bon travail dans leur canton», a-t-elle précisé sur Europe 1. Le FN, qui n'a pour l'instant aucun conseiller général, a effectué au premier tour une percée qui pourrait lui permettre de gagner ses premiers cantons. Louis Aliot, le vice-président du FN, a évoqué mercredi «une ou plusieurs dizaines» de sièges.